Ndi, 15 mars 2010 à 23:30
Rediffusions :
19.03.2010 à 05:00
24.03.2010 à 05:00
26.03.2010 à 01:45
M la maudite
(France, 2007, 52mn)
ARTE F
Réalisateur: Jean-Paul Fargier
Malentendant Stéréo 16 / 9
De tout temps, l'homme s'est branlé (la femme aussi). De Diogène à Catherine Millet, en passant par Rousseau, Freud et Dali, un parcours illustré de la masturbation à travers les âges. Ludique, instructif et jouissif.
Deux blogueurs, un garçon et une fille, dialoguent sur le thème de la masturbation, avec, au coin des lèvres, une pointe d'excitation (pour elle) et de culpabilité (pour lui). Se prenant au jeu, ils se disent tout (ou presque) par écran interposé, incrustent extraits de films et de spectacles, échangent récits, expériences, lectures, dessins, fantasmes et citations diverses. Par jeu et par curiosité, ils vont interroger des "spécialistes" de la question : le psychiatre Philippe Brenot, dans son livre Éloge de la masturbation, raconte la découverte des spermatozoïdes et revient sur la condamnation du vice onaniste ; Catherine Millet, auteur incontournable de La vie sexuelle de Catherine M., déchiffre une toile de Dali au titre édifiant et trompeur, Le grand masturbateur ; la photographe Ariane Lopez-Huici a réalisé Solo, une élégante série de photos sur un homme qui se masturbe ; la philosophe Beatriz Preciado parle de la théorie du corps chez ce bon vieux docteur Tissot ; l'écrivain Philippe Sollers lit des lettres de James Joyce à sa compagne, lettres sans équivoque... Chacun répond de bonne grâce aux questions les plus directes et illustre un chapitre de la petite histoire de la branlette, dont les titres s'égrènent avec autant de sérieux que d'humour : "Histoire d'un tabou", "Machines à coudre et bicyclettes", "Masturbation et santé", "Le magasin des accessoires"... Très vite, nos deux charmants blogueurs doivent accepter l'évidence : la main est aussi un organe sexuel.
Est-ce grave, docteur ?
Diogène, Rousseau, Diderot, Rodin, Freud, Egon Schiele, Jan Fabre et sa pièce The crying body ou encore Olivier Ducastel et Jacques Martineau avec leur film Crustacés et coquillages... Tous, artistes, écrivains, psychanalystes et philosophes sont convoqués au chevet du malade dont les yeux cernés ne trompent personne. En fait, depuis Freud, le diagnostic est d'une clémence qui rompt avec les anathèmes des siècles passés : "J'en suis venu à penser que la masturbation est la seule grande habitude, le besoin primitif", osa écrire le savant viennois à une époque où, faut-il le rappeler, un médecin pouvait déclarer sans honte, à propos des risques d'excitation encourus par les jeunes femmes adeptes du vélocipède : "Il ne faut pas accuser la bicyclette mais la bicycliste" ! Jean-Paul Fargier livre un film ludique et instructif sur l'art de se dérider l'entrejambe. "C'est toujours une chose douce", conclut Catherine Millet.
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