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J'ai des larmes de plomb, plomb de ton cercueil - Littérature & poésie

Sujet de discussion : J'ai des larmes de plomb, plomb de ton cercueil
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 15 février 2014 à 20:49
    J'ai des larmes de plomb, du plomb de ton cercueil,
    Qui parsèment cette âme, cette gueule entrouverte
    Recherchant ton parfum, ton bruissement de feuille
    Dans ton effacement de toute vallée verte ;

    Je parcours mon souffle et ne trouve pas le seuil
    De ton âme envolée, dissipée et offerte
    Au cercueil en Algarve, aux lames qui endeuillent ;
    Sur la tombe un portrait montre une face alerte,

    Je ne sens plus ta vie, cependant, mon tout beau,
    Mon ramasseur de trèfles, mon amateur de nèfles,
    Mon аmапt des tapis, ma violence endormie,

    Mon innocent captif et pris par un tombeau,
    Mon curieux Portugais, mon âme circonflexe,
    Tu demeures en moi, dans ma mémoire ennemie.

    Climax69007, le Samedi 15 Février 2014.


    Je chemine en moi, en suivant des chemins qui ne sont pas "gais", non pas que je veuille jeter un voile fuпèbre ici, mais il paraît que la mort fait partie de la vie, quand bien même nous voudrions la plupart du temps nous affranchir de cette grande garce qu'est la mort.

    Ceci écrit, je m'en vais suivre les informations télévisées de ce beau pays qu'est le Portugal, le samedi étant jour de commentaires politiques acérés !!!

    Bonne soirée à vous toutes et à vous tous, en ce Samedi 15.


    ------ Ah, l'expression "âme circonflexe" doit beaucoup aux géométries verbales de Fernando Pessoa et de José Afonso ("Redondo vocábulo")
  • draconis Légende urbaine
    draconis
    • 16 février 2014 à 10:01
    Très touchant Climax, cela m'a fait pensé à "Epitaphe d'un ami" de Lord Byron.

    Ô toi que j’ai tant aimé,
    toi qui me seras éternellement cher,
    de combien d’inutiles pleurs j’ai arrosé ta tombe révérée ?
    Que de gémissements j’ai poussés à ton lit de mort, pendant que tu te débattais dans ta dernière agonie !
    Si des larmes avaient pu retarder le tyran dans sa marche,
    si des gémissements avaient pu détourner sa faux impitoyable,
    si la jeunesse et la vertu avaient pu obtenir de lui un court délai,
    et la beauté lui faire oublier sa proie, à ce spectre,
    tu vivrais encore, сhагmе de mes yeux, aujourd’hui gonflés de pleurs ;
    tu ferais encore la gloire de ton camarade, les délices de ton ami.
    Si ton âme plane encore quelquefois sur le lieu où repose ta cendre,
    tu peux voir gravée dans mon cœur une douleur trop intense pour être exprimée par le ciseau du sculpteur :
    le marbre ne marque point la place où tu dors de ton dernier sommeil,
    mais on y voit pleurer des statues vivantes.
    L’image de la Douleur ne s’incline pas sur ta tombe, mais la Douleur elle-même déplore ta perte prématurée.
    Ton père pleure en toi le premier né de sa race ;
    mais l’affliction d’un père ne saurait égaler la mienne.
    Nul sans doute n’adoucira ses derniers moments comme l’eût fait ta présence ;
    pourtant d’autres enfants lui restent pour сhагmеr ici-bas ses ennuis.
    Mais qui te remplacera auprès de moi ?
    quelle amitié nouvelle effacera ton image ? Aucune ! – Les pleurs d’un père cesseront de couler ;
    le temps apaisera la douleur d’un frère jeune encore. Tous, hormis un seul, seront consolés ; mais l’amitié gémira solitaire.


    [I] Lord Byron Épitaphe d’un ami Traduction par Benjamin Laroche. Œuvres complètes, Victor Lecou, 1847 [sixième édition], Première série : Poésies diverses — Childe-Harold (pp. 5-6).[/I]

    http://short-edition.com/classique/lord-byron/epitaphe-d-un-ami
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 février 2014 à 21:03
    Merci de m'avoir lu, Ikki, et de me faire l'honneur d'un rapprochement avec Byron, ce n'est pas rien !

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