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50° anniversaire de l'Indépendance algérienne

Sujet de discussion : 50° anniversaire de l'Indépendance algérienne
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 11 octobre 2012 à 21:19
    Vous n'y avez pas échappé. C'est normal.

    Cette guerre d'Algérie qui suscita :

    - l'émergence de la Cinquième République française (établie à la faveur du putsch des généraux d'Alger), pour poursuivre la guerre et tenter de sauver les meubles face à l'insurrection algérienne,

    - le rappel du contingent des appelés français pour une sale guerre,

    - chez de nombreux rappelés français, à cause des horreurs vues ou que les gradés leur firent commettre, un durable traumatisme psychique qui les aura hantés toute leur vie, ainsi que chez les Algériens une mémoire de douleurs et de deuils (pas une famille qui n'ait perdu un frère, un oncle, une tante, un père ; et, si on lit - par exemple - une interview de Louiza Hanoune, dirigeante du Parti de Travailleurs en Algérie, son premier souvenir est celui de sa maison brûlée, des oliviers brûlés, près de sa mère pleurant),

    - une guerre civile algérienne entre militants du Mouvement National Algérien (MNA) de Messali Hadj et le Front de Libération Nationale,

    - des massacres d'Algériens moudjahidines mais aussi, à la fin de la guerre, le massacre des harkis (armée supplétive arabe au service de la puissance coloniale française),

    - des centaines de milliers de morts parmi les combattants algériens (le nombre des morts algériens est difficile à estimer ; cependant, le chiffre mythique d'un million de morts apparaît inexact aux historiens ; le nombre, déjà assez atroce, de trois cent mille à quatre cente mille morts algériens est l'estimation retenue par les historiens),

    - la pratique massive et institutionnelle de la torture comme moyen d'intimider et de tuer de la part des Massu et autres chargés de mission des basses œuvres,

    - le naufrage des socialistes français de la SFIO dans le plus bas colonialisme mais aussi des réseaux d'aide à l'insurrection (réseau Jeanson, réseau trotskiste de Michel Raptis dit "Pablo", réseaux anarchistes),

    - un massacre en plein Paris d'Algériens manifestant pacifiquement le 17 octobre 1961 contre le couvre-feu qu'on prétendait leur imposer, et ceci par la police de celui que, des années plus tard, l'on jugera pour complicité de crimes contre l'humanité pour ses activités de collaboration et de déportation avec les nazis, Maurice Papon,

    - l'exode des "pieds-noirs" qui, pour la plupart, ne militèrent pas en faveur de l'indépendance et, quelle que soit leur appartenance sociale, furent victimes de la surenchère coloniale,

    - tandis que le Parti communiste français restait dans un prudent attentisme (refus d'appeler à la désobéissance des rappelés, refus de soutenir clairement le mot d'ordre "Indépendance de l'Algérie", tandis que l'organe de presse central du PCF, "L’Humanité", était censuré de multiples fois),

    la guerre d'Indépendance de l'Algérie mérite une vision historienne, et bien plus que ce résumé-éclair, qui ne fait pas la distinction des périodes, mais comment faire pour ramasser tant d'événements en peu de lignes ?

    Des ouvrages, tels ceux de Benjamin Stora, spécialiste de l'Algérie (et lui-même "pied-noir") s'y emploient avec bonheur.

    Mohammed Harbi aussi, lui, le militant de l'indépendance, qui a publié les archives du Front de Libération Nationale (FLN) algérien, aux éditions Jeune Afrique.

    --------------------------------------------------------------------------------

    Mais il y a, en-deçà de la conscience historienne et de la fabrication du récit historique, les souvenirs, les témoignages, les événements encore frais dans les mémoires.

    Et comme la presse francophone algérienne existe, je vous mets en ligne un lien vers le supplément spécial consacré par le journal "El Watan" au "Cinquantième anniversaire de l'Indépendance de l'Algérie".

    L'éditorial s'intitule : "Comment les Algériens se réapproprient leur histoire."

    Pourquoi "réappropriation" ?

    Parce que, par exemple, le nom de Messali Hadj est resté un non-dit dans l'histoire officielle en Algérie, jusqu'à très récemment, le pouvoir actuel tirant sa légitimité d'une prétendue continuité avec la "Révolution algérienne".

    Cependant, Messali a été à l'origine, dès l'année 1926 avec la fondation de l’Étoile nord-africaine, de tous les partis (successifs, car interdits) qui militèrent pour l'indépendance algérienne ; et le FLN est une scission à partir du MNA dirigé par Messali Hadj, qui passa la plus grande partie de sa vie en relégation, en prison, en résidence surveillée à cause de sa farouche détermination d'indépendantiste.


    --- Il est toujours bon de s'informer en prenant le prisme de l'étranger, notre semblable, notre frère : "Et si j'étais un Algérien, qu'est-ce que je pourrais savoir, comprendre, penser de ce qui a fondé mon pays ?"

    http://www.elwatan.com/dossiers/50eme-anniversaire-independance-algerie/
  • less6240 Membre émérite
    less6240
    • 11 octobre 2012 à 23:27
    Je serai algerienne vu cette histoire incroyable et douleureuse cette guerre ms surtout depuis cette independance ca culture son histoire ces arts je serai si fiere d etre d une tel origine si forte et belle
    alors bonne anniversaire de liberte a tous les algerien du monde en esperan ke vous continuerai a ns apporte autant de bel chose ke vs le faite deja
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 12 octobre 2012 à 00:31
    Un des deux pays où j'aimerais vivre, et où j'aurais quelque fierté nationale, ce sentiment qui m'est bien étranger, ce sont le Portugal et l'Algérie, pour leur culture, leur vivacité, leur jeunesse, leur esprit de résistance (les uns à l'islamisme massacreur, les autres aux diktats de la troïka FMI-BCE-Union européenne, les vampires de la finance), leur climat, la beauté de leur ciel et de leur mer, et pour leur peuple.
  • less6240 Membre émérite
    less6240
    • 12 octobre 2012 à 01:32
    Je ne sais quoi dire tu est 1mаіtге des mots.
  • envyy Membre occasionnel
    envyy
    • 12 octobre 2012 à 08:12
    +1 climax
  • marco06400 Membre confirmé
    marco06400
    • 12 octobre 2012 à 08:34
    Oui Climax c un plaisir de te lire, au passage n'oublie pas que le PCF a été un fervent défenseur de la cause Algérienne de libération du colonialisme Français avec quelques uns de ses membres torturés et assassinés !
  • medievale Membre élite
    medievale
    • 12 octobre 2012 à 13:11
    Climax, cette guerre que l'on a obligé mon père à faire contre sa volonté, du coup il en a bavé, et en plus on lui a volé les plus belles années de sa vie, il n'a jamais voulu nous en parler : on a juste su qu'il n'avait jamais tué une autre humain ( adolescents, nous avions besoin qu'il nous en parle ), mais avait malheureusement vu trop de morts et est rentré traumatisé, son cousin nous a dit comment il l'avait soutenu pendant la première année de son retour, cette guerre c'est encore un non dit pour ceux qui l'on vécu.

    Mais d'un autre côté j'ai eu mon enfance bercée par la fierté des frères de ma mère d'avoir été para et d'y être allé pour la France, tout l'inverse de mon père, alors que pour moi, un pays a le droit d'être indépendant, et surtout l'Algérie.
    Les seules fois que notre père nous en parlait c'était lorsqu'il y avait un reportage sur la Kabylie, il disait que c'était un endroit magique, le plus beau qu'il ai vu de sa vie.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 12 octobre 2012 à 14:01
    Climax, cette guerre que l'on a obligé mon père à faire contre sa volonté, du coup il en a bavé, et en plus on lui a volé les plus belles années de sa vie, il n'a jamais voulu nous en parler : on a juste su qu'il n'avait jamais tué une autre humain ( adolescents, nous avions besoin qu'il nous en parle ), mais avait malheureusement vu trop de morts et est rentré traumatisé, son cousin nous a dit comment il l'avait soutenu pendant la première année de son retour, cette guerre c'est encore un non dit pour ceux qui l'on vécu.

    Mais d'un autre côté j'ai eu mon enfance bercée par la fierté des frères de ma mère d'avoir été para et d'y être allé pour la France, tout l'inverse de mon père, alors que pour moi, un pays a le droit d'être indépendant, et surtout l'Algérie.
    Les seules fois que notre père nous en parlait c'était lorsqu'il y avait un reportage sur la Kabylie, il disait que c'était un endroit magique, le plus beau qu'il ai vu de sa vie.

    Oui, j'ai aussi connu un homme, instituteur, qui a été forcé de faire des choses dont il n'était pas du tout fier, ne serait-ce que se défendre pour ne pas mourir, être placé dans cette situation de guerre qu'il désapprouvait, et cet homme en a gardé des séquelles toute sa vie, parce que, de plus, il savait les tortures infligées aux Algériens : alors je vais ajouter dans mon résumé le fait que des vies ont été massacrées, pas anéanties, mais estropiées par cette continuation de la guerre coloniale.

    Le peu que j'ai vu de la Kabylie, en photos, me fait voir un des endroits les plus beaux qui soit.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 12 octobre 2012 à 14:06
    Je ne sais quoi dire tu est 1mаіtге des mots.

    Les mots sont anarchistes, par définition ; ils n'ont pas de mаîtге.

  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 12 octobre 2012 à 15:10
    Oui Climax c un plaisir de te lire, au passage n'oublie pas que le PCF a été un fervent défenseur de la cause Algérienne de libération du colonialisme Français avec quelques uns de ses membres torturés et assassinés !

    Lorsque je parle de l'attentisme de la direction du PCF, je n'oublie pas ces militants qui, fidèles à l'internationalisme, ont franchi le pas et sont morts pour la cause algérienne ; et je n'oublie pas, non plus, les massacrés du Métro Charonne, quand, enfin, les instances du PCF, sous le mot d'ordre "Paix en Algérie" plutôt que "Indépendance de l'Algérie", ont appelé à manifester.

    En vérité, ce sont ces militants-là du PCF qui ont sauvé l'honneur de leur parti.

    Je rappellerai qu'en 1945, Tillon, membre du gouvernement tripartite MRP gaulliste-socialistes SFIO-PCF, a fait mitrailler par les avions français les manifestants algériens pour l'indépendance dans les villes de Sétif et de Guelma, le PCF étant alors partisan d'une "Union Française" rénovée, c'est-à-dire du colonialisme, position politique qui a perduré.

    Alors, je n'ai garde de confondre les militants internationalistes du PCF avec les patriotards tricolores de la direction du PCF.

    Ces militants-là ont tout mon respect, ému.

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