Si l'amour était raisonnable il n'aurait plus raison d'être. C'est la fumée faite de la vapeur des soupirs. Une rengaine de cristal qui vient se heurter aux berges de ton âme. Les mots de l'autre se modèlent en larme sur ton doux visage. Un crève-cœur, voilà.
Lorsque ton amour disparait brutalement, que la réalité aussi dégueulasse soit-elle te frappe de cécité. Tu respires encore. Un deuil, une rupture, une désillusion.. Sens tu cette douleur? Brasier dont les cendres assiègent ton estomac à la force d'acide sulfurique. Mas tu respires encore.
Un amour c'est une parcelle de ta vie. Même au lavage, même en frottant, les traces de sang ne partent pas. Et tes futurs projets dans une couveuse agonisent. Comment survivre quand l'air n'est plus que fins morceaux de verres dans ta gorge? Si seulement tu pouvais voir..
L'amour inaccessible des étoiles. Celui qui creuse ta tombe à coup de nicotine. Celui qui t'enivre du délicat parfum de la pluie. Et plus encore.. Il faut revoir ta définition à la hausse. Je ne te parle pas d'aimer le monde façonné par l'homme et pour l'homme. Mais des futilités qui subsistent tant bien que mal. Ces petites choses que chacun est encore libre d'interpréter à son goût. (Et qu'il serait de mauvais goût de ne pas savoir les apprécier!)
Voilà ce qui fait survivre.
Juste les aimer chaque jour au réveil, les aimer chaque soir au coucher. Et vivre au jour le jour, de petites folies et de passions. Les grandes folies viendront avec le temps. Ce grand mаîtге de la vie.
Le Petit Prince pouvait il toucher sa rose? Non elle avait des épines. Est ce que ça l'empêchait de l'aimer, de la chérir, d'admirer sa beauté..? Non. Et en était-il pour autant malheureux? Non. Parce que sa simple présence lui suffisait. Parce que l'amour se suffit de choses simples et ce n'est pas un mal de garder le silence. Tout donner, tu n'as pas à le faire. L'amour ne demande rien, il est improbable et s'installe en despote sur tes pensés. Il n'y a pas de retenu à avoir. Il n'y a que la limite des mots qui n'apparaissent que trop dérisoires et vulgaires, même aux yeux de Shakespeare.
Tu te poses trop de questions. L'amour est un sentiment immuable. Tu le sens et tu le subis. Ce que tu dois faire vient naturellement. Parce qu'il ne nait de vrai amour que celui de la réciprocité.
Saches que les étoiles, la cigarette, le parfum délectable de la pluie, te le rendent bien. Et qu'avant de te ravager l'esprit de tourments passionnels, il y a ces futilités là qui t'appellent.
ticoeur28
Membre élite
15 mai 2011 à 00:31
C'est très beau...
so18
Membre élite
15 mai 2011 à 23:27
Très bien écrit, merci.
nad17610
Membre confirmé
18 mai 2011 à 17:11
Super beau texte...j avoue que j était préte a lacher prise et puis je te lit et me dit que tu a raison...
louuu
Membre occasionnel
19 mai 2011 à 17:20
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