Bein



Je n'ai jamais eu l'alcool libérateur, j'ai eu l'alcool qui rend flottant et détaché, j'ai eu l'alcool qui fait se scinder en deux, d'un côté un esprit nuageux et cotonneux, et de l'autre un corps abandonné à qui voudrait le prendre, d'où quelques situations peu affriolantes - à la réflexion - dans des sаuпаs.
Et comme je buvais comme un dromadaire qui fait sa halte dans l'oasis, un, deux, trois litres de gros rouge, à ne plus savoir l'heure (voilà l'alcool est une suspension du cours du temps !!!), j'ai dû arrêter totalement de boire. Plus une goutte, serait-elle conviviale, festive, extraordinaire. Alors, je me retrouve, depuis quatre ans (quatre ans d'abstinence totale) et je me libère en étant davantage moi-même, au plus près de mes sens.
Peut-on dire que l'alcool libère ? NON.
L'alcool modifie l'état de conscience ; nous coïncidons, en général, assez peu, avec ce que nous croyons être, et avec l'alcool, c'est encore plus un faux moi qui parle, qui se donne en spectacle, qui se déclare ; après la descente, on ramasse les morceaux semés !