- Il faut n'avoir jamais vécu avec une allocation pour adulte handicapé (AAH) et une aide au logement (APL), comme cela a été mon cas, pour émettre des stupidités et des ignominies comme celle-ci : "Il y en a qui profitent (du RSA) (des minima sociaux)".
Je peux vous dire que, dans ce genre de situations, l'on est intégré à aucun rythme social, l'on est à la dérive, l'on est pauvre, l'on souffre, et l'on ne se complaît pas à sa situation, simplement il arrive un moment où l'on baisse les bras et où l'on se laisse couler le plus souvent, honni par une pensée ԁоmіпапtе (et ses colporteurs) vous stigmatisant comme un profiteur.
Et l'on ne touche pas une AAH pour rien, on la touche en raison d'une maladie incapacitante et grave, qui empêche de travailler.
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Et si, par bonheur (oui, les concours, c'est beaucoup d'aléatoire, quand bien même on les prépare comme moi), je n'avais pas réussi au CAPES et à être titularisé professeur de l’Éducation Nationale, pour me sortir d'un Contrat Emploi Solidarité (CES), et pour commencer une vie dite "active" dix années après les autres, moyennant quoi ma pension de retraité de la Fonction Publique d'après les critères actuels devrait être des plus frugales,
- je serais dans cette misère du "minimal social", qui permet de survivre, mais qui n'autorise aucune vue sur un horizon, au loin ;
- je serais dans une espèce de temps compact, sans avenir, sans perspective, sans où reprendre souffle ;
- je serais désespéré, et méprisé par maints et maintes pour mon désespoir ;
- et je n'aurais même pas conscience de mon désespoir, car ce serait la couleur ordinaire de mes jours.
Et je vais vous dire :
- en tant que handicapé, j'étais mal considéré ;
- en tant que fonctionnaire, d'après la vulgate actuelle (toujours de rigueur, avant ou après la présidence de M. Sarkozy), je suis tenu pour un fainéant, un vampire du peuple, une dépense de trop ;
- je suis certain que ceux qui m'auront craché à la gueule, toute ma vie, me considéreront pensionné comme une charge de trop, et se diront, à voix basse, "dommage qu'on ne puisse pas euthanasier les vieux".
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Dans une société en France & ailleurs,
- que le capitalisme reptilien a émiettée,
- qu'il cherche à couper de toutes règles héritées du passé comme les conventions collectives ou les statuts de la Fonction Publique (selon la loi ahurissante et rabâchée de la "flexibilisation" pour "mieux créer du travail"),
- qu'il anéantit par sa quête de la main-d’œuvre la moins chère,
- qu'il rend sauvage par sa sauvagerie,
il est bien évident que les conneries de TF1 ont de beaux jours devant elles :
- le capitalisme est un mode de production où chacun est l'ennemi de l'autre ;
- il ne se survit que par la fragmentation sociale, par l’appauvrissement généralisé ;
- et il perdure grâce à des gens qui ont fait du socialisme un mirage, une lointaine référence, un mot creux.
Le capitalisme prospère,
- premièrement, par la privatisation des profits (par exemple, à Lyon et dans la Communauté Urbaine de Lyon, la privatisation par le sénateur-maire P.S. du ramassage des ordures ménagères, et le contrat pour l'eau renouvelé aux compagnies privées, à Véolia & à Suez, au lieu d'une régie municipale ne délégant rien au privé, régie publique bien plus efficace et bien moins coûteuse pour les citoyens) ;
- et deuxièmement, par la socialisation des pertes (à savoir le renflouement du système bancaire failli, c'est-à-dire du capital financier aux abois, par des milliards volés par les gouvernants aux budgets nationaux et aux budgets de la Sécurité Sociale).
Ces derniers mouvements de capitaux, de la poche des citoyens vers celles des capitalistes, me semblent autrement graves et avérés que les prétendus "abus des bénéficiaires du RSA".
Ces accaparements, que la "grande" presse et les télévisions nous donnent pour "normaux", me paraissent autrement scandaleux que les prétendues captations de l'argent public par des miséreux qui jоuігaient de leur misère.