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Bagdad shakespearien

Sujet de discussion : Bagdad shakespearien
  • louuu Membre occasionnel
    louuu
    • 9 mai 2011 à 23:52
    Je la regarde sans expression, d’un coin de l’œil. Elle discute avec mon prof de math financière. J’oublie de faire la conversation dans le groupe de fumeurs qui m’entoure, mon silence attire l’attention. Tant pis je veux juste encore 10secondes de vоуеuгіsmе. Quelques 30 mètres qui nous sépare et je vois mon prof partir. Elle reste seule.

    On dit toujours « si quelqu’un me fixe je le sens », a-t-elle senti, mon regard brûlant l’envelopper d’une сhаlеuг ardente ? Mon étreinte oppressante ? Aussi oppressante que la musique de notre dernière conversation qui remonte maintenant à 4 semaines ?

    Ma crainte que l’on ne remarque mon obsession me saisit, j’attrapais au vol les dernières paroles qui me parvenaient et je sortis une vanne vaseuse. « Haha dehors Lou ! T’es H.S. là ». Au moins j’avais sauvé les meubles et ma concentration revenait peu à peu. Mon cœur, toujours 30 mètres dans le lointain.

    « Y a la prof de HFE qui pleure les mecs.. ! ». 30, puis 20, puis 1, 0. Mon visage se décompose, j’ai mal ; рutаіп que j’ai mal. J’ignore la remarque, je t’en le bras devant l’assemblée, exprime à haute voix mon douteuxdésir de passer aux toilettes avant de retourner en cours.

    Le hall d’entrée est envahi. Une immense fourmilière de parasites, d’obstacles à ma douleur me barre la route. Je cherche avec désespoir un souffle qu’elle aurait laissé derrière, un brin de parfum. Мегԁе. « Ca va Lou ? » Tais-toi, taisez-vous tous, vous ne comprenez rien. Je veux que le temps s’arrête là, maintenant, tout de suite. Une fois les choses figées je la retrouverai, parce que c’est maintenant qu’elle a besoin de moi.

    Grâce à bouddha que je cherchais les yeux en inspection du plafond, je la vois sortir de l’ascenseur du 3ème étage et tituber en direction des salles informatiques. Elle s’apprête surement à donner un cours de maitrise logiciels, il faut que j’active.

    La porte de sa salle a été refermée. La porte est bleue. Bleu cyan, bleu azur, bleu outremers, bleu ciel, bleu libre. Le bleu est devenu une couleur сhаuԁе, et moi j’ai peur. Une fâcheuse tendance à la contradiction, l’imprévisibilité, l’absurdité, moi ? Non je n’aurais pas exprimé les choses sous cet angle.

    Disons plutôt que j’ai peur de la perdre, peur de ne pas la rendre heureuse, peur de moi-même. Et cette terreur de me séparer d’elle sur une relation inachevée est pourtant l’auteur pathétique du chapitre de ma vie intitulé : « Rupture douloureuse, passionnelle, interminable. (Voir la version clichée de Shakespeare pour homos) ».
    Сhаuԁ, Froid ; Сhаuԁ, Froid, Сhаuԁ… Froid… Ouvre cette porte bon sang ! Bleu…

    Elle est assise sur son bureau. Ses cheveux en cascade recouvrent ses mains, elles-mêmes ont utilité de couverture sur son visage gelé de larmes. Elle se torture pour me voir, non pas moi réellement mais plutôt l’être méprisable qui était venu troubler sa solitude léthargique.

    Des cernes, le teint pâle, deux ruisseaux partaient de ses yeux pour former des flaques sur la quasi-totalité de son visage, elle ne dit rien. A savoir sur moi, je n’aime pas lorsque mes relations n’ont pas un minimum de tragique dans leur récit. « J’ai passé un temps fou devant la porte. Elle a une couleur bleu magnifique… Transcendante je dirai même… » Aucune réaction. Sa fontaine oculaire avait repris son cours au rythme de ma voix, silencieuse et imperceptible, il n’y a pas de tristesse plus dur à supporter.

    Mon courage dans l’âme, mon amour pour doctrine, ma peur pour force, mon désir pour ambition, et autre connerie qui m’entaille les tripes dès que je l’a vois. Je m’agenouille devant sa chaise comme un fidèle devant le chef de son église, et, je lui teint cette prière :

    « Tu as 32ans, j’en ai 19. Tu es mon professeur, je suis ton élève ; tu corriges mes copies, j’aime t’écrire des pavés de n’importe quoi parce que je suis nulle en économie. Tu sors d’une relation de 8ans, j’ai jamais eu de relation sérieuse. Tu ne connais que très peu de chose de mes goûts, et réciproquement. »

    Et je t’aime. Mon cœur bat à chaque fois que j’entends tes pas dans mon hall, j’adore observer ton faux sourire quand je te propose un film et que tu sais que tu n’aimes pas, etc…Lorsqu’on parle de ta vie, de la mienne, il y a un gouffre.


    Je n’en ai pas ; plus peur.
  • ticoeur28 Membre élite
    ticoeur28
    • 10 mai 2011 à 00:57
    J'ai tout lu...si si...mais heu, j'ai pas compris la fin...enfin la toute dernière phrase... C'est p-e dû a l'heure...mais t'as pas ou plus peur de quoi?
  • sunshine1111 Membre expérimenté
    sunshine1111
    • 10 mai 2011 à 14:27


    Mon courage dans l’âme, mon amour pour doctrine, ma peur pour force, mon désir pour ambition, et autre connerie qui m’entaille les tripes dès que je l’a vois. Je m’agenouille devant sa chaise comme un fidèle devant le chef de son église, et, je lui teint cette prière :


    Je n’en ai pas ; plus peur.

    [I][/I][B][/B][B][/B][B][/B]

    Si sa peur représente sa force, et si elle n'a plus peur, ELLE N'A PLUS DE FORCE...
  • so18 Membre élite
    so18
    • 10 mai 2011 à 18:30
    C'est un bout de ton histoire? Si tel est le cas, c'est un beau cadeau que tu nous offres, merci.
  • louuu Membre occasionnel
    louuu
    • 10 mai 2011 à 19:49
    Plus peur du gouffre qui nous sépare.
  • ticoeur28 Membre élite
    ticoeur28
    • 11 mai 2011 à 12:11
    Plus peur du gouffre qui nous sépare.

    ah oki...Merci... Là j'ai tout compris
  • sunshine1111 Membre expérimenté
    sunshine1111
    • 11 mai 2011 à 18:34
    Je trouve sincèrement que c''est un joli récit... Bonne continuation

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