-- Une théière



Une théière japonaise faite à la main, sans vernis, sans rien, rien que la couleur de la terre cuite qui prend les saveurs du thé et doucement, à chaque infusion, relâche quelques atomes d'un délicieux arrière-goût,
ou alors une théière tournée à la main, peinte de mille reflets de soleil et traversée par le bond d'un oiseau, figée par la couleur posée et le vernis, mais qui ne tend qu'à sortir de cette rondeur,
mais pas une théière en faïence blanche, celle que j'utilise tous les jours à mon travail, d'une belle contenance, dont le cou tellement anglais et recourbé comme un cygne d'un blanc tellement lilial qu'il agace et appelle le crime de mains patibulaires et anonymes,
ou bien alors une théière chinoise, pansue, ornée de croix ansées, avec une anse pour la porter (que l'on ne me brise pas !), et qui relève et ouvre son ouverture comme un gallinacée qui happe les courants d'air qui passent,
UNE THÉIÈRE !!!