Lorsque l'on aime, l'on ne compte pas, paraît-il.
Cependant, si je compte le nombre d'heures ici passées, dans la vaine attente d'un désir qui ne sera pas satisfait, je perçois comme un maelström qui m'attire dans un gouffre sans fond, où le temps s'étire et devient élastique (pensez aux montres molles de Salvador Dali !!!) au point de n'avoir guère de ressemblance avec le temps social, qui cadence nos vies.
J'essaie de limiter cet attraction par divers subterfuges : - me persuader que la rencontre ne peut avoir lieu ici (pourtant nous ne sommes point des fantômes) ; - évaluer selon un rapport temps passé/profit retiré mon activité ici (et là la barque s'alourdit, tant je suis déconnecté de ce qui semble faire le quotidien des interventions : ces temps-ci, ce sont les blagues) ; - essayer de me persuader qu'un partage s'effectue, en temps différé, lorsque je poste un sujet (pour autant je n'en suis pas moins renvoyé à ma propre solitude) ; - installer, sur mon ordinateur, un chronomètre bien exact dans son décompte pour donner quelque réalité à ce temps trop fuyant, et me rappeler à l'ordre du temps consécutif (et non plus enveloppant).
Il y a des gens qui se font interdire des casinos, tant ils craignent d'expérience de n'être que des tonneaux percés en matière d'argent.
Je devrais me faire interdire de tongay.
Ma vie en prendrait-elle une consistance plus grande ?
Ce sont là quelques réflexions qui me viennent, certes désabusées, et qui pourront donner aux expéditifs matière à - se plaindre de la longueur de mes propos (un leitmotiv...) et à - me renvoyer dans les cordes d'un bon uppercut du genre : "Ben tu te plains, alors qu'est-ce que tu viens faire ici ?!?!"
Là est toute la question, de fait.
Me lover au creux d'une présence multiple, potentielle, inattendue et espérée, qui ne gardera que la consistance de mes рhапtаsmеs avortés ?
Va-t-en savoir...
En guise de rentrée en matière l'on peut faire plus gai, plus incisif, mais - voyez-vous



- je ne suis pas d'humeur.
Je vous livre ces réflexions telles quelles sur ma voracité cronophage et sur mes attentes déçues et tutti quanti, ne serait-ce que pour savoir comment vous, vous vous débrouillez avec votre fréquentation du site.
Toute expérience est bonne à entendre.