Je vous propose, après avoir vagabondé par la ville ou traîné sous la couette, après avoir travaillé ou rêvassé, après les petites péripéties d'une journée ou ce qui paraîtrait un jour vide d'événements, de noter ce qui vous a plu et ce qui vous a déplu.
Un fait, un détail, une impression, un événement, un "rien" pour les deux catégories.
Je commence.
--- La barbe, que l'on voudrait сагеssег, sur le visage d'un homme jeune, accroupi devant des livres étendus à terre sur une bâche, lors d'un vide-greniers traditionnel, celui qui a lieu chaque année rue Chevreul, dans le septième arrondissement de Lyon ; une barbe qui était sur le point de frisotter, mais qui dans cet élan viril, soigneusement taillée, sans poil follet s'échappant, soulignait un menton volontaire, et doux, enveloppé de cette toison, prometteuse d'autres toisons, d'une épaisseur brune d'un centimètre au plus et dense ; au bout du menton, l'homme que j'ai couvé des yeux, une dizaine de secondes, dans son abandon au loisir, un homme bien proportionné, et pas sculpté sous les haltères.
J'ai apprécié cette tranquille virilité.
--- Un père, dont le petit garçon a fait tomber sa sœur en trottinette le long d'une rambarde métallique, par une embardée de son vélo, et qui gifle, d'une seule gifle sur la joue, et dispute d'un ton sans réplique le gamin, pétrifié, "Tu te rends compte de ce que tu as fait... Je t'ai déjà dit de freiner pour laisser passer les gens [Le gosse s'était rabattu sur sa droite]... Ta sœur aurait pu se blesser..."et qui assène, d'un ton de commandement, à la petite fille tombée, "Debout !", et là, les bras m'en sont tombés, mentalement, de voir un père, excédé peut-être, si maladroit avec ses enfants, et ne trouvant pas les mots pour consoler sa petite fille, n'ayant à la Ьоuсhе qu'un ordre militaire.
Je n'ai pas apprécié ce manquement paternel à la tendresse due à un enfant, ferait-il des bêtises, et encore moins le rudoiement d'une petite fille.