Et lorsque, comme moi, tu as fait toutes les grèves depuis le début et que tu attends que ces dirigeants là-haut veuillent bien tenir compte des millions de grévistes et de manifestants pour dire "retrait de votre truc" "grève pour le retrait, jusqu'au retrait du projet de loi sur les retraites", et que justement tu dois argumenter contre ceux qui te dises que "la mobilisation est encore à construire", alors que les mouvements de grève ne font que s'étendre, et que ces hauts bureaucrates t'annoncent, froidement, dans le communiqué de l'intersyndicale de jeudi dernier 21, que le 6 novembre, t'es invité à "te mobiliser" "avant que le président ne signe la loi" (c'est la conclusion de ce communiqué de l'Intersyndicale, vachement mobilisateur et vachement respectueux des grévistes et des syndiqués), tu crois que mon syndicat, le SNES-FSU, va me former à l'art de l'argumentation contre sa politique de compromission ?
Heu je te sens tendu sur ce coup là...
Si tu trouves ton syndicat trop mou choisis en un plus hargneux...Mais on change de sujet là, non ?
Non pas vraiment, on prend le sujet d'une autre manière.
C'est un exemple, effectivement, de champ de haute tension, où je perds les pédales ; et c'est là que j'aimerais pouvoir, tranquillement, poursuivre le fil de ma conviction (sachant pertinemment qu'elle n'est pas unanimement partagée) et exposer, clairement, sans m'énerver, et ensuite m'horripiler moi-même, les tenants et les aboutissants de mon raisonnement.
Mais c'est la pulsion agressive qui l'emporte ; et tu as raison de me dire "Je te sens tendu sur ce coup-là" ; je suis survolté ; alors là, je mordrais à pleines et belles dents : attitude fort peu civile et d'une INEFFICACITÉ redoutable.



Céder au рlаіsіг, fort passager, et destructeur, d'une expression foudroyante de la colère plutôt que de poursuivre le рlаіsіг de bien argumenter, tranquillement, pour convaincre, est désolant, tout bien considéré. C'est un grave défaut, nuisible.