Fermer les yeux, oh, à peine laisser paraitre un soupçon de regard tourné vers ce qui entoure, effleurer de vos pupilles en voyage les choses et les êtres, et surtout regarder le ciel comme si vous étiez saisi d'un élan mystique et fouilliez à la recherche du dieu inconnu retiré au plus lointain des espaces, tendre votre attention et la concentrer avec gourmandise en votre sens olfactif, renifler, aspirer, goûter en ouvrant au hasard des livres empilés au préalable sur votre gauche, déployer les arômes du papier juste à la jointure des feuilles avec la couverture, éprouver du bout des narines tactiles le caractère lisse ou pelucheux, dense ou vaporeux, industriel ou fabriqué à la main, du papier, puis fermer vos yeux en ne laissant passer qu la lumière filtrée par les paupières, dans ces petites ténèbres sentir le lisse et la fragrance délicate ԁоmіпée par l'âcreté de l'encollage (éditions Science marxiste), sentir le pelucheux et l'odeur effacée (éditions Agone), ressentir le papier glacé et la presque imperceptible odeur (librairie da Costa, de Lisbonne, année 1950), éprouver la densité de la texture et presque un écœurement entêtant (éditions Caminho), aspirer une odeur qui peine à se dégager incertaine (éditions Berg international), sentir entre le pelucheux et le glacé le parfum légèrement piquant (éditions Gunter Narr, de Tübingen en Allemagne), сагеssег entre lisse et finement poilu une odeur qui s'efface et fluctue et reparaît dans la discrétion de la blancheur (éditions Ellug, Université Stendhal, à Grenoble).
Autant de livres, autant de voyages avec un nez !
greenary2
Membre élite
12 septembre 2015 à 15:43
Bonjour Climax,
j'ai toujours aimé l'odeur des livres; c'est presque appétissant! D'ailleurs les enfants ont souvent tendance à en grignoter la tranche, plus qu'à les lire!:)
Et j'aime l'odeur des librairies; elle me rappelle les anciens héros d'albums de BD pour lesquels je me ruais chaque mois chez mon libraire:)
L'arôme des albums et encyclopédies est déjà un avant goût de mystère de leur contenu.:)
adrenalinea
Membre élite
12 septembre 2015 à 18:07
Alléсhé par les relents de ton post je viens y goûter... Il y a qlq années je collectionnais les gravures anciennes de la ville du Puy en Velay sur papier filigrané, le papier et les mots qui l'imprime ont leur vie propre des odeurs envoûtantes et nuancées s'en dégagent
merci pour cette ambiance qui détient sa part de mystère
sergeclimax69007
Membre suprême
12 septembre 2015 à 18:34
Ah les papiers filigranés, la trace du travail humain inscrite dans l'épaisseur de la texture, des mots qui signifient une localité et une qualité, des mots dessous les mots du texte qui courent comme un fleuve en surface tandis que des sources souterraines glissent leur cours à l'intérieur de la matière, et rien ne pourra dire le hasard d'une rencontre entre l'écriture des ombres et l'écriture des lumières, cela se superpose, cela se confond quelque peu et se quitte... Ah les papiers filigranés faits de chiffons de la Revue des Deux Mondes vers 1860...
Et toutes ces odeurs que nous parcourons, comme on lisse et hume la peau d'un homme, avec gourmandise, et l’œil alerte !
yoomy
Membre suprême
12 septembre 2015 à 18:46
X-)
50_nuances_de_bi
Membre suprême
12 septembre 2015 à 20:11
Il y a un autre papier éгоtіԛuе : il est rose
draconis
Légende urbaine
12 septembre 2015 à 21:26
Ah les papiers filigranés
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