Sujet de discussion : La tristesse vous сагеssе de derrière
sergeclimax69007
Membre suprême
13 janvier 2011 à 15:41
De son poinçon, à percer le cuir le plus coriace, cette vieille garce, la tristesse, Sa Majesté vient vous titiller les fеssеs,
Que ça sente le roussi, le brûlé, le cramé, et que vous ayez sinon quelqu'un à vos trousses et sur vos talons, un proche parmi les proches qui vous a à la bonne,
Et si vous vous retournez soudain, avec le sentiment d'être suivi à la trace, comme elle vous colle à la peau de derrière, elle ne vous fera jamais face, elle tourne en même temps que vous, la finaude, elle prend les mêmes sens giratoires,
La tristesse a décidé d'être votre familière, votre compagne de voyage, c'est plus qu'une ombre qui toujours semble filer vers les lointains au coucher du soleil,
La tristesse a décidé de faire mieux que de ne pas vous lâcher d'une semelle, elle vous colle à la peau, et ainsi elle vous donne la couleur de votre horizon,
Et quelquefois elle vous donne des rémissions, et relâche son oppression, cure de Jouvence, la vieille peau semble faire sa mue, de but en blanc,
Mais cordialement, fidèle au rendez-vous, qu'elle est bien la seule à savoir, elle n'aura pas à vous attendre, elle qui d'une mue se refait toute pareille, identique, intacte, elle se remet ardemment à la colle avec vous, et vous débite les sempiternelles figures où se décline la débine de la vie.
titange55
Membre élite
13 janvier 2011 à 15:49
ryky2201
Membre élite
13 janvier 2011 à 18:59
Que c'est beau
so18
Membre élite
13 janvier 2011 à 20:15
Elle n'est jamais la même parce que nous ne sommes jamais les mêmes non plus. Cependant, une fois qu'elle s'est nichée dans notre humble demeure, elle s'y niche, nous déniche, nous traque et détraque, elle nous fait sienne. Qu'y pouvons-nous?? Elle était mienne quelque temps puis n'est plus, qu'y puis-je? Baisser les bras, courber la tête, patienter et juste sentir battre cet organe qui n'a de forme que celle qu'on lui attribue subjectivement. Rien n'est lisse, surtout pas ses contours. Mais au final, la tristesse est parfois belle compagne, faute de mieux.
sergeclimax69007
Membre suprême
13 janvier 2011 à 23:28
La tristesse se ressemble, mais comme elle prend des masques de hasard, comme elle revêt des hагԁes et grandiloquente vous fait pleurer des hallebardes, elle devient le rideau gris d'une vie qui dérive aux eaux ргоfопԁеs et d'oubli,
La tristesse comme avec dédain et sans intention révèle à son bain de détresse des visages enfuis, des moments d'étincelles endormies, des stupeurs qui frappaient d'un éclair de beauté un monde qui fut,
La tristesse somme toute distille ses passions qui nous somment d'être nous, et lorsqu'acceptée elle égare par ses brutalités qui nous prennent à la gorge, elle l'inconnue la passagère la revenante nous rend à ce que nous sommes dans la lassitude et l'habitude de nous-mêmes,
Et le face-à-face a lieu sans monocles ni télescopes avec nous comme deux miroirs jumeaux s'amollissent et ne se reprochent plus leurs reflets réciproques.
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