-- Dans le domaine fantastique, le Golem, qui tire son existence, sa force et sa puissance d'un écrit, inscrit sur lui, est la transposition laïque de la croyance et de la fidélité juive à la lettre de la thora, au iota près ; cette thora qui transmet des commandements, mais qui -comme le souligne Volodia- est aussi une suite de mots réduits, par les techniques de la kabbale, à des équivalences de chiffres et de nombres, supposés contenir, percer et transmettre des secrets ayant trait à l'univers, à la création vivante de Dieu.
Je crois qu'il est difficile pour tout non-juif de se représenter ce que comporte le mot écrit, le verbe, à un iota près, pour un juif pratiquant ; n'étant pas Juif, je ne peux que l'imaginer.
Mais je suis heureux que cette "obsession" juive de la formule écrite ait pu donner lieu à ce roman qui nous restitue une ville de Prague (la ville de Kafka !) que le génocide des Juifs d'Europe aura bouleversée et comme défaite d'une grande part d'elle-même au vingtième siècle.
--- Et un roman, lu il y a longtemps, à relire !


-- Vraiment un classique, à préférer à "Frankenstein"-à tout prendre un divertissement de l'épouse du poète Shelley et le résultat d'un pari portant sur l'écriture d'une histoire étrange- pour le lieu de l'intrigue, pour ses sources juives, pour son mystère plus prenant, pour ses implications métaphysiques, pour son atmosphère : "Frankenstein" n'est, après tout, qu'un roman du scientisme triomphant, sans grands rebondissements ; et je n'ai jamais tellement cru à la nature tourmentée de la créature créée et à ses dilemmes, ni à son éloignement définitif et sacrificiel hors de tout contact humain.
-- Merci Volodia !
