Les Japonais avaient une étrange passion : écrire des poèmes qui se fassent suite, indéfiniment , IMITONS LES JAPONAIS EN BARBARES OCCIDENTAUX QUE NOUS SOMMES ; vous pouvez emprunter le schéma des strophes (5 pieds avec rime a, 10 pieds avec rime b, 10 pieds avec rime b, 5 pieds avec rime a ; ceci multiplié par six, la première strophe étant répétée à la fin) ; vous pouvez en emprunter le thème ; vous pouvez emprunter des mots et leur donner une "descendance" inattendue ; vous pouvez emprunter des sonorités et jouer avec elles ; vous pouvez donner l'illusion d'un éloignement pour mieux revenir au thème ; vous pouvez prendre le thème à rebrousse-poils !!!
TOUT EST PERMIS !!!
sergeclimax69007
Membre suprême
25 février 2011 à 22:49
Il faut bien lire, dans la dernière strophe, comme dans la première, "vous rêviez d'une passion subite" & non "vous y rêvez d'une passion subite" - pour que la boucle soit bouclée & le parallélisme du début avec la fin soit sans failles.
4lexx
Membre habitué
26 février 2011 à 00:35
Dur ... je vais m'essayer et je le posterai
sergeclimax69007
Membre suprême
26 février 2011 à 18:05
A l'aube enluminée la lune voile sa face ; Les сhаttеs dégrisées hument de nouveaux pouvoirs Qui scintillent, effarés, dans les poussières-miroirs ; Et les hommes fanés qui comparaissent sans grâce,
En leurs âmes glacées, traînent une piteuse race ; Pour eux, vert-de-grisée, tombe la rouille du soir, Dans un monde inversé où diaphane est le noir ; Ils se pressent, encombrés, au fil du temps qui les sasse.
Jeunes espérances où sont disparues vos verdeurs ? Aux heures hier sonnées n'y a-t-il eu que des leurres ? N'y a-t-il eu, si vivement, que de fausses heures,
Des aléas tronqués, aimantés par les malheurs ? Et les сhаttеs étirées, qui ont au clair leurs demeures, Vagissantes abandonnent aux rêves-éclairs les stupeurs.
[Bien sûr, merci pour le thème des chats à Baudelaire ; merci pour l'atmosphère aux "Tricks" de Renaud Camus ; pour les métaphores faites de deux mots liés par un trait d'union, merci à une poète lyonnaise de ce XXIème siècle ; pour le vers en treize, merci à Verlaine qui trouvait du сhагmе à l'impair.]
Qui prend la suite de la guirlande, pour le рlаіsіг des mots et du sens ? Allez, courage. Et si le vers classique vous rebute, prenez le vers moderne, libre, cadencé, fait de rappels de sonorités et d'unités de mots de même longueur en nombre de syllabes !!!
sergeclimax69007
Membre suprême
26 février 2011 à 22:27
Dur ... je vais m'essayer et je le posterai
OUI !!!! MERCI !!!
sergeclimax69007
Membre suprême
27 février 2011 à 03:18
Puisque personne ne vient me donner la réplique, et puisque me voilà de nouveau seul, que personne ne désire se donner la peine de former un "renga" japonais à la mode de chez nous, je déroge à toute habitude ainsi qu'à toute bienséance, je poursuis la séance, et j'ajoute encore un brimborion, un sémaphore assujetti à la déréliction, plein de piquants et fort râpeux, un signe qui dévide son vide pour relancer le cours de la vie, au creux de la nuit. Y a-t-il quelqu'un au bout de la chaîne des sons ?
La voix suit un ruban de sons, Vite elle entonne une chanson Et elle défie sa prison : En elle est sa propre raison.
A l'écho elle offre son bruit Et elle s'éclipse en sa nuit ; "Revenez quand serez en ruit", De François Villon c'est un bris.
Les langues se meuvent en silences, Qui ne dicteront nulles sciences ; Qui possède la patience Ne tient pas les mots par leurs anses.
Les mots ont dévidé leur trop- Plein et deviennent en dépôt, Le fil émoussé, des couteaux Qui ne pointent pas vers le haut.
Les sons ont pourri sur pieds, Du sens qui a fauché le blé ? Et toi qui fais des pieds de nez, Ta langue a été rapiécée.
La voix suit un ruban de sons, Vite elle entonne une chanson et elle défie sa prison : En elle est sa propre raison.
sergeclimax69007
Membre suprême
27 février 2011 à 18:39
L'Ogre de Barbarie
Du silence entonné un rien s'est échappé : Avide et carnassier il remise au saloir Comme la Barbe-Bleue qui tranche du hachoir, Les mots mal-mariés dans ce néant happés.
Au soleil de la nuit nul morphème à hâler : Aucun Printemps mort-né ne ramène en cadence Les sons qui dressent la hampe de la potence Où balancent des sens- squelettes ravalés.
Engloutis, étourdis, les mots ont fait naufrage Dans ma salive, mon sang, ma lymphe endormis ; Les mots sont fracassés et reniés au passage
En ma Ьоuсhе atterrée balbutiant un semis, Qui lèvera en dents rompues à faire outrage A tous les mots inouïs ayant faces d'amis.
Serge, de Lyon
[B][Je me doute bien que le titre - qui est facile, mais tellement tentant ! - doit être déjà pris. Par ailleurs, il m'a été suggéré par un ami, il y a trois ou quatre ans, ami qui composait à la mode de Ghérasim Luca.][/B]
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