En ces temps, où des obscurantistes, faiseurs de programmes scolaires, prétendent reléguer la matrice latine et grecque de notre culture au néant des mémoires mortes, goûteux, impertinent, savoureux par sa langue, diablement complexe par son intrigue, à la racine du genre romanesque en Europe (avec "L'âne d'or" d'Apulée), les aventures de deux jeunes аmапts se disputant la préférence d'un jeune еsсlаvе ayant toutes les complaisances, un récit certes fragmentaire parcouru d'histoires de festins, de débauches, de discussions esthétiques, de bagarres, de rebondissements sentimentaux, d'attaques par des pirates, de recours à des initiations par des prêtresses bien en chair nous donnent - encore et toujours - le рlаіsіг d'une lecture amoraliste, croquant en grotesques les parvenus, imitant le roman d'aventures dans ses cascades d'événements, un récit que l'on soupçonne (cf. le témoignage de Tacite, dans les "Annales", 16.18-20.2) inspiré par les débauches de l'empereur Néron (mais irréductible à ce cadre historique).
Une traduction figure, bien entendu, dans la série latine de la Collection des Universités de France, dite "collection Budé", aux éditions "Les Belles Lettres" : cette traduction présente toutes les garanties du respect du texte parvenu jusqu'à nous et celle d'une traduction par les meilleurs philologues français.
L'on peut lui préférer, quoi qu'elle ait subi de sévères reproches (justement d'avoir tout réduit de la diversité linguistique du "Satyricon" à un parler systématiquement popularisant), la traduction de Laurent Tailhade, s'appliquant à rendre des registres de langage latins par des équivalents français, où - cependant - le manque de naturel, le fabriqué pèsent trop sur un langage libéré des pudeurs académiques. Mais cette œuvre de L. Tailhade est en soi estimable (et rééditée !)
sergeclimax69007
Membre suprême
22 septembre 2015 à 22:17
La traduction de Laurent Tailhade.
La traduction de la Collection des Universités de France a été publié, en bilingue, en collection de poche, par les éditions "Les Belles Lettres".
Pour vous, quyi avez certainement apprécié le film de Federico Fellini, inspiré du "Satyricon" de Pétrone, puissiez-vous apprécier un roman qui vaut bien des romans de la rentrée littéraire la plus immédiate, et vous inspirer la pensée que la langue latine a pu produire des œuvres fortement originales, point ennuyeuses, qu'il serait dommage de reléguer dans un obscur domaine d'études très minoritaires et en prise avec aucun public.
sergeclimax69007
Membre suprême
22 septembre 2015 à 22:40
Enfin, échappant tant aux risques des lourdeurs qu'induit une option de traduire à minima les obscénités de langage - c'est là le penchant de la Collection des Universités de France -, tant à l'artificiel d'une traduction, dans une lignée rabelaisienne, ne distinguant point assez les registres de langage pour les fondre dans une invention les effaçant, l'on peut faire confiance à la traduction des éditions Arléa, qui depuis des années s'emploient avec bonheur à dépoussiérer les textes latins, et à leur redonner de la vivacité, et pour tout dire un сhагmе !!!
sergeclimax69007
Membre suprême
22 septembre 2015 à 23:13
Bien sûr, l'épisode dit "Le Festin de Trimalchion" est le plus connu (de plus, il forme, en soi, une unité se suffisant à elle-même) : un affranchi, riche à millions de sesterces, déploie les fastes de son opulence, et sa fierté de parvenu mal dégrossi nous réjouit à merveille : ne va-t-il pas jusqu'à l'exigence de vouloir entendre les lamentations que provoquera sa mort alors qu'il est bien vivant et joufflu ?
Les plats gargantuesques, d'un raffinement insensé ; la compagnie réunie là, obséquieuse ; les propos de table, tout fait de cet épisode un bijou de littérature.
C'est celui qui, dans le film de F. Fellini, donne lieu aux plus grandes extravagances.
Zut ... A force de lire ta pub .... Non !!! Pardon ..... ton amour pour certain libre ... Tu me donne l епvіе de lâcher mon moto journal. ...
sergeclimax69007
Membre suprême
23 septembre 2015 à 14:34
Ah, Yzzug, non ce n'est pas de la publicité ! Et puis, crois-moi, ce roman-là est aussi éгоtіԛuе que les puissantes machines de "Moto-Journal" !
draconis
Légende urbaine
23 septembre 2015 à 17:44
Bonjour mon fils,
Mes yeux chastes peuvent-ils se poser sur ce type d'ouvrage sans risquer la cécité par une abondance de propos licencieux ?
sergeclimax69007
Membre suprême
23 septembre 2015 à 19:17
Je crains que tes "yeux chastes" ne soient troublés par l'intense vitalité du Satyricon, Corypheus.
Contente-toi des métaphores du "Cantique des Cantiques", le livre éгоtіԛuе de la Bible.
Mais, peut-être est-ce déjà, là, une trop vive célébration de la sепsuаlіté, et peut-être faudrait-il demander aux grands rabbinats réunis et au Vatican d'expurger de ce Livre la Bible, pour obscénité manifeste ???
yzzug
Membre élite
24 septembre 2015 à 05:49
J ai demandé a un ami .. Qui travail a la bibliothèque municipale... Un de ces livres . Juste pour voir si je peux accroché. Et bien apparemment... nada ... Cela lui dit rien. Il regard pour éventuellement le sortir de la poussière.
Oh moins j aurai essaye...
yoomy
Membre suprême
25 septembre 2015 à 18:26
Tu ferais mieux de rester sur "Oui-Oui fait de la moto" ou "Martine est en panne" Yzzug x