Le blues, tout seul sur mon clavier
Ne tire pas des notes aigües ;
Il m'engouffre en son angle obtus,
Et me réduit à un dentier,
Ouvert sur un rire flûté,
Perles d'orages retenues
Fêlées d'un éclat convenu,
Un rire qui est le rentier
Opportuniste, profitant
Du temps passager en ses rangs
Pressés jusqu'à ce que s'aЬоuсhе
A la fièvre l'ultime touche
D'incarnat et de vermillon :
L'ultime apprêt de nos fictions !
Olé !!!
Et le toréador mate à mort, pendant ce temps, et devinez qui ? Oh, le petit, là, qui prête si gentiment les Ьапԁегilles qu'il n'a plus le cœur ni le courage de faire saigner le taureau, avant de lui enfoncer la dague ; non, il lui vient des langueurs, et jusqu'à des perplexités sur la beauté de son geste : enfoncer, enfoncer ; il y en a un qu'il voudrait bien épingler d'un coup net et ргоfопԁ comme un papillon, le petit qui lui tend les ardillons.
Le toréador, amoureux, bien que sombre hidalgo de la Manche, lui l'illustre descendant d'une famille qui vous tue depuis deux siècles, et à tours de bras, des taureaux dans les arènes, devient mollet comme une madeleine trempé dans une tisane du soir, et tremble ; sa tête part ailleurs, et son regard se perd - tandis que le taureau fonce sur lui, et qu'il esquive avec un frémissement de la hanche d'autant plus chiche qu'il s'égare - dans les yeux du gentil Andalou de seize ans à peine, d'une noirceur de pierre volcanique.
Il lui prend des désirs insanes de panser le taureau, et de lui tenir la patte, en lui faisant un brin de conversation, lors de ses mugissements de douleur. Oui le toréador mate à mort, et pas qu'un peu, le petit Andalou, qui révèle à l'échancrure de sa chemise blanche, sur sa peau de moire, une chaînette dorée, soulevée et abaissée au rythme de son souffle.
Souffle qui, peut-être, il a cru le surprendre un jour, s'est ouvert sur un cri retenu, alors que sa hanche, de trop, oh beaucoup trop, s'attardait au coupant de la corne du taureau ? Mais qui le saura jamais ?
Je ne suis qu'une ombre venue de passage raconter une historiette pour passer le temps, jusqu'à ce que le soleil à quatre heures fasse signe aux habits de lumière...
J'espère encore surprendre quelque éclat qui serait bruni par des pensées, renfoncées au cœur, un éclat qui viendrait s'amortir aux yeux du petit Andalou, qui tend les ardillons à un autre, comme si de rien n'était.