--- Une grande dame de la littérature, japonaise, Sei Shônagon, a écrit - au tournant du dixième siècle de notre ère - un recueil, les "Notes de chevet", où elle range ses remarques incidentes, ses souvenirs, ses appréciations en de multiples rubriques comportant des déрlаіsігs, des condamnations, des refus, des étonnements, des perplexités, des adhésions craintives, de franches acceptations, des bonheurs subtils, des moments ineffables.
Parmi les "choses détestables" (pas forcément au petit matin) :
"Un visiteur qui parle longtemps alors qu´on est pressé.
Un bébé qui crie juste au moment où l´on voudrait écouter quelque chose (...)"
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--- Une autre grande dame, elle, de la littérature latine, Apronenia Avitia, avait aussi, sur des tablettes de buis - au quatrième siècle de notre ère -, marqué ses рlаіsігs et ses déрlаіsігs ; et comme Etiaw nous invite à marquer des déрlаіsігs, je me fais le рlаіsіг de citer ces deux joyaux de la littérature universelle, d'autant plus que "Les tablettes de buis d'Apronenia Avitia" ont été traduites par Pascal Quignard, grand connaisseur et amoureux du latin (c'est par la fréquentation de cette langue que son français a acquis une exquise souplesse, qui a donné des réussites comme "Tous les matins du monde" ou "Les petits traités").
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----- Quant à moi, j'avoue que, le matin, quand le vent souffle depuis le Sud, et nous comble, à Lyon, de tous les fumets de la pétrochimie, qui dégaze en permanence, dans la vallée du Rhône, et nous enveloppe de ses odeurs caractéristiques, qui nous font le souffle court, la narine agacée, le goût délabré avant que les centrales, construites à portée de l'agglomération lyonnaise, un jour, ne nous dégagent un beau petit nuage atomique (inodore) - j'ai comme un moment d'amertume, et je conçois des scénarios d'apocalypse, qui passent comme un nuage, vite, très vite : c'est la condition - l'oubli rapide - d'une journée à peu près acceptable.