Voici les fa'afine de Samoa.
Le mot fa'afafine comprend le causal préfixe fa a–, qui signifie « à la manière de », et le mot fafine, qui signifie « femme »[1]. Il est apparenté linguistiquement avec des mots dans d'autres langues polynésiennes, comme le tongien fakafefine (également fakaleiti), le wallisien fakafafine, le maori whakawahine, le maori des îles Cook akava'ine, et est semblable au concept hawaïen de māhū[2].
Le mot d'argot samoan mala (« dévastation » dans le samoan) est moins fréquemment utilisé pour fa'afafine.[réf. nécessaire]
Les fa'afafine tombent dans la catégorie floue qu'est la transidentité, qui recouvre une large gamme d'identités de genre trouvées partout dans le monde, et dont le flou est utile pour capter les grandes variations d'identité sехuеllе qui se trouvent selon les personnes et les cultures.[réf. nécessaire]
Cette identité de genre/rôle de genre est reconnue depuis au moins le début du XXe siècle dans la société de Samoa, et certains[Qui ?] avancent l'hypothèse qu'elle fait partie intégrante de la culture samoane traditionnelle.
Les fa'afafine sont assignés au sехе masculin à la naissance et incarnent explicitement à la fois les traits du genre masculin et du genre féminin. Leur comportement varie généralement d'une féminité extravagante à une masculinité traditionnelle[3].
Ce troisième genre est si bien accepté dans la culture samoane que la plupart des Samoans affirment qu'ils ont des relations d'amitié avec au moins une fa'afafine; il n'est cependant pas totalement accepté dans d'autres collectivités, comme certains groupes catholiques et par des chefs traditionnels[4].
Les attitudes de leurs familles diffèrent, certains parents soutenant leurs enfants fa'afafine, particulièrement parce qu'ils sont plus susceptibles de prendre soin d'eux dans leur vieillesse, n'ayant généralement pas formé de famille.
Enfance et éducation
modifier
Assignation par la famille
modifier
La fa'afafine est souvent un garçon élevé en tant que fille dans une famille avec trop d'enfants mâles, les parents choisissant des enfants de sехе masculin pour les aider aux tâches ménagères. Puisque faire le ménage est strictement « travail de femmes », ces garçons accomplissant ce « travail de femmes » sont élevés en tant que fa'afafine[5].
Il y a peu de preuves empiriques pour soutenir cette hypothèse, que ce soit historiquement ou dans la société samoane d'aujourd'hui[réf. nécessaire].
Les fa'afafine sont parfois simplement des garçons qui ne suivent pas les règles samoanes de la masculinité, qui peuvent être exigeantes, et sont donc vite identifiés en tant qu'efféminés. Leur identité est un mélange complexe de leur propre identité de genre et du rôle sехuеl qui leur est attribué par les autres.
Traditionnellement, la fa'afafine reçoit l'éducation des femmes dans un Aiga (groupe familial Samoan)[4].
Les fa'afafine disent qu'elles trouvent qu'être une fa'afafine est agréable et sont nombreuses à affirmer qu'elles « adoraient » participer aux activités des femmes quand elles étaient enfants, comme jouer avec les filles, jouer des personnages féminins au cours de jeux de rôle, s'habiller avec des vêtements féminins et de jouer avec les jouets typiques féminins. Ceci contraste avec les femmes qui ont déclaré qu'elles n'ont qu'« aimé » participer dans ces activités quand elles étaient enfants.
Certains fa'afafine se souviennent d'avoir cru qu'elles étaient des jeunes filles dans l'enfance, et qu'elles le savaient mieux que les adultes.
Le fait d'être poussé au rôle de genre masculin est en train[Quand ?] de bouleverser de nombreuses fa'afafine. Un nombre significatif d'entre elles ont déclaré qu'elles « détestaient » les comportements masculins, tels que les jeux et les sports, même plus que les femmes lorsqu'elles étaient enfants
Rôle dans la famille
modifier
Les fa'afafine sont connues pour leur travail et leur dévouement à la famille, dans la tradition samoane de tautua (en). L’idée de famille à Samoa et en Polynésie est nettement différente de celle de l'Occident et inclut tous les membres de sa (la famille communale) au sеіп de la fa'amatai (le système de la famille)[6].
À Samoa, il y a rarement des moqueries ou des actes déplaisants envers un enfant biologiquement de sехе masculin qui affirme qu'il est une fille. Par exemple, une étude a montré que seule une minorité de parents (20 %) ont essayé d’empêcher leurs enfants fa'afafine d'adopter des comportements féminins.
Relations sехuеllеs
modifier
Les catégories « gay » ou « homosexuel » n'existent pas dans les croyances samoanes. Les fa'afafine, en tant que troisième genre, ont des relations sехuеllеs presque exclusivement avec des hommes qui ne s'identifient pas comme fa'afafine, et parfois avec des femmes, mais apparemment pas avec d'autres fa'afafine[7]. Elles sont généralement sехuеllеmепt attirés par les hommes, mais certaines se marient à des femmes (elles peuvent être socialement contraintes à le faire).
Nombre
modifier
Il a été estimé que 1 à 5 % des Samoans s'identifient comme fa'afafine[8]. L'Encyclopédie de la Nouvelle-Zélande Te Ara estime qu'il y a 500 fa'afafine à Samoa, et le même nombre dans la Samoa de la diaspora en Nouvelle-Zélande[9]. Selon SBS World News (en), en 2013, il y a jusqu'à 3 000 fa'afafine qui vivent actuellement dans des Samoa.