Penser par soi-même, est ce égoïste ou égocentгіԛuе?
Mais, si la question est ainsi posée, c'est qu'il s'agit, dans l'expérience de la pensée et surtout lorsqu'"on" l'exprime, d'estimer dans quelle mesure "on" -je, toi, il, elle- rompt avec le prêt-à-penser, comment "on" s'en écarte, et si cet écart sera bien perçu et recevra l'approbation des autres.
Cette tentative, toujours recommencée, de "penser par soi-même", alors que nous baignons dans les mots d'ordre, les propagandes, les "vérités" jamais questionnées (voilà qui paramètre le fait de "penser par soi-même") est aussi un écart par rapport à nous-même, l'égo au centre, le nôtre, qui a ses présupposés fondateurs.
Alors, entre la fidélité à soi-même (notre cohésion d'individu) et le conformisme qui fait de nous les perroquets de l'air du temps (conformisme qui recevra approbation, laquelle confortera notre amour-propre), la question "égoïste ou égocentгіԛuе de penser par soi-même" révèle notre scrupule à penser par nous -même, notre réticence, tant la pensée en accord avec notre être peut créer de lézardes et de dissensions.