"C'est une lutte entre l'espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur... Je suis du côté de l'espérance, mais d'une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté"
Ici, Césaire évite un optimisme facile.
Il ne dit pas :« Il faut être positif. »Il dit plutôt :« Le désespoir existe, mais il ne doit pas avoir le dernier mot. »
C’est une différence importante.
L’espoir naïf dit :« Tout ira bien, il n’y a pas de problème. »
L’espoir lucide dit :« Les problèmes existent, mais je refuse de renoncer. »
Et c’est la phrase la plus forte :« Une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté »
Pour moi, c’est le cœur du texte.
Une espérance conquise, ça signifie qu’elle n’est pas donnée. Elle a été gagnée après des épreuves.
Quelqu’un qui n’a jamais rencontré de difficultés peut être optimiste par innocence. Quelqu’un qui a vu les injustices, les échecs, les blessures, et qui choisit quand même d’espérer possède une autre forme d’espérance.