Je lis rarement, car il est rare qu’un livre me donne le sentiment de mériter vraiment mon temps. Puis j’ai découvert Quand nos désirs font désordre, qui revient sur les mouvements de libération homosexuelle en France dans les années 70-80.
Ce qui m’attire, au-delà de son écriture et de son apparente rigueur documentaire, c’est l’idée de rappeler que cette histoire ne commence pas dans les institutions ni dans les salons parisiens, mais dans la rue: dans les luttes, les collectifs, les manifestations, les confrontations. Une manière de rendre à César ce qui lui appartient.
Avec une précision historique toutefois : les mouvements organisés de libération homosexuelle ont des racines plus anciennes, notamment avec Ulrichs dans les années 1860 et Hirschfeld avec la création du premier grand collectif militant en 1897. Avant cela, il existait déjà des pratiques, des espaces de sociabilité et des réflexions sur les relations entre personnes du même sехе, de l’Antiquité au Moyen Âge, même si les catégories modernes comme « homosexuel » n’existaient pas encore.
Mais la rupture des années 1970 est d’une autre nature : ce n’est plus seulement l’existence d’une minorité qui est affirmée, c’est l’idée qu’elle peut s’organiser politiquement et transformer la société.
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