Qui sommes-nous pour oser décider si notre vie vaut ou non la peine de continuer? Je trouve que le suicide est un manque cruel d'humilité. Nous voulons tellement que notre vie ressemble à ce que nous voudrions que nous ne voyons plus ce qu'elle est. Mettre fin à ses jours est une façon de fuir la réalité et de refuser de surmonter la souffrance quelle qu'elle soit. Cette souffrance est pourtant due uniquement au refus de laisser notre vie s'écouler comme elle le devrait sans pour autant y mettre notre volonté. Parce que l'homme est ргоfопԁémепt égoïste, il ne voit pas que ce n'est pas lui qui décide de sa vie et dans sa folie il oublie que cette même vie cherche toujours le meilleur chemin pour son épanouissement. Seulement nous refusons d'accepter que notre chemin ne soit pas celui auquel nous rêvons. Les anciens nous le disent en permanence "vis sans attendre quoi que ce soit; ne te fait pas d'image de toi; où que tu trouves ton reflet, oublies-le..."
Quel que soit l'idée que nous nous faisons de notre vie,; s'il n'est pas réel, la vie se chargera de nous remettre sur le bon chemin. La souffrance qui pousse au suicide provient bien de ce refus d'accepter ce changement vers lequel la vie nous pousse inexorablement. Lorsque l'on est en si ргоfопԁ désaccord entre ce que l'on croit être et ce que l'on est, il ne reste plus aucun espoir et la solution de facilité se pointe, convaincante, sous de beaux atours... Son argument principal: "tu ne souffriras plus".
Une autre solution encore plus simple existe pourtant; celle de créer sa vie sur un autre chemin que celui connu jusqu'à présent. Il suffit juste pour cela d'un peu de courage et d'oser affronter ses propres peurs qui nous soufflent les mauvaises réponses nous faisant croire qu'abdiquer est mieux que de continuer. Le suicide est un plongeon dans les ténèbres et il ne résout rien; au mieux il est une parenthèse. Mais jamais il n'apporte la paix et la sérénité recherchée.
Le suicide reste pourtant un cri contre l'injustice d'une vie frustrée. Lorsque l'homme cessera de paraître et se contentera d'être alors le suicide disparaîtra.
Réfléchissez à ceci: l'homme possède quatre visages;
celui qu'il montre, celui qui est perçu, celui qu'il croit avoir et celui qu'il est réellement. Lorsqu'il se perd dans les méandres des trois premiers visages, sa vie devient frustration puisque course vers l'inaccessible et ses jours s'écoulent dans la souffrance d'une plaie toujours grandissante.
C'est un désaccord entre être et paraître, entre désirer et accepter ce qui est qui pousse au suicide et jamais les aléas de la vie.
Ce n'est pas aussi simple. Si jamais j'étais atteinte d'une maladie très grave et allant jusqu'à devenir incapacitante, je crois que je le ferai avant d'être incapable d'un moindre geste. J'irai sans doute... Je ne préfère pas le mettre. Car, cela, à mon sens, apparaîtrait comme proche de l'illégalité pénale de l'incitation au suicide (texte pris depuis qu'un livre était sorti il y a quelques années) et surtout moralement, je ne peux pas.
La même année, dans ma famille, il y en a eu deux. Des personnes assez éloignées de moi. L'une d'elles était mon père. Pourquoi ? Je ne le sais pas trop. J'ai de petites idées. Je ne dis pas que ça ne me fait rien quand je dis à quelqu'un qu'il n'est plus là. Mais, cela faisait des années que je ne l'avais pas vu et cela fait bientôt huit ans qu'il l'a fait. Je n'ai pas versé une larme pour lui et j'en verserai pas.
Par contre, je ne généralise pas les suicides, c'est comme tout, c'est du cas par cas. Quand quelqu'un a été brisé par la vie, je n'ai pas à juger de son suicide.
On ne peut ni être contre ni être pour quand un a été réalisé (réussi ou tenté). Mais, je suis totalement contre toute idée de suicide comme dogme.
Christelle