Sujet de discussion : Tous ces visages vont disparaître en la nuit
sergeclimax69007
Membre suprême
20 septembre 2013 à 23:55
Tous ces visages vont disparaître en la nuit ; Il n'y aura aucun détour qui nous déguise, Au noir qui se déplisse, au temps qui nous dégrise, La Mort, ce grand cheval de ténèbres, à minuit ;
Dans l'espace égrené, aux ргоfопԁеuгs du puits, Nous aurons le vertige, et la matière grise Malaxée, triturée, en brouillasses démise ; Nous tournoierons dans le voyage de l'ennui ;
Les larmes circonflexes en la froideur venues Nous accompagneront aux barques retenues ; Charon, en sifflotant, nous fera la primeur
D'une résurrection fantasque et dissolue ; Avec ses jarretelles, sa роіtгіпе velue, Ses yeux dissimulés, quel bellâtre frimeur !
En supplément, le dialogue, peu amène, entre l'éditeur, offensé qu'on lui propose, "à notre époque", des sonnets versifiés selon des règles classiques et l'auteur qui tient - dans l'embrouillamini qu'est sa pensée - à se raccrocher à quelque espèce de fil conducteur, voire à une forme consacrée.
"- Mais comment peut-on encore écrire comme cela à notre époque ? Doux Jésus, alors que l'image surréaliste a ratiboisé la boîte à images, alors que les chants les plus saccadés s'espacent et s'éparpillent sur la page en allant de lignes blanches en lignes à peines grisées de quelques mots bien pesés, alors que Michaux a expédié le vers au cercueil, alors que même l'alexandrin a expiré depuis Leconte de Lisle au moins et glorieusement aux mains de ce poète plus que subtil - Charles Baudelaire -, mais comment peut-on écrire ainsi ?
- Et la structure qui se soutient, un propos qui se donne l'illusion d'une précaire fermeture, une narration qui s'expédie en quatorze vers, des mots qui se choisissent et puis qui s'accouplent ainsi, n'y aurait-il pas là - au-delà de toutes les déconstructions - comme un appui à saisir, et une nécessité à ravir des limbes ? Et puis, dernier argument, je t'emmanche, je te perfore les intestins - que tu as en forme d'andouilles - à grand coup de reins, de mon piston badin et redressé. Si cet ultime argument te semble faible et peu rhétorique, ou peu anti-rhétorique, je n'y puis rien, retourne à ton néant de chien, qui hulule - en cadence - le pas de sens."
Climax69007, le Vendredi 20 Septembre 2013
draconis
Légende urbaine
21 septembre 2013 à 00:03
Oh Climax, tu es le Picasso de la poésie, cette огgіе de mots incohérents mais si joliment assemblés ! Quel panache !
imotep8
Membre pionnier
21 septembre 2013 à 00:09
Picasso non.
sergeclimax69007
Membre suprême
21 septembre 2013 à 00:30
Picasso non.
Je préfère la découpe, comme Matisse !!!
sergeclimax69007
Membre suprême
21 septembre 2013 à 00:38
Oh Climax, tu es le Picasso de la poésie, cette огgіе de mots incohérents mais si joliment assemblés ! Quel panache !
J'ai cru entendre que le "non-sense" britannique, ainsi que les fatrasies de la tradition poétique française avaient du sens, non apparent à première vue, n'est-il pas ?
Par ailleurs, si seul le discours apparemment logique a droit de cité et donc mérite une tentative de compréhension, il va falloir brûler la moitié des bibliothèques.
Tu vis dans l'illusion du discours accessible immédiatement et transparent à première vue : cela n'existe que dans les journaux quotidiens, qui remâchent la propagande gouvernementale ou celle de son opposition, et qui ріssеnt la même copie, un peu remodelée différemment chaque jour.
sergeclimax69007
Membre suprême
21 septembre 2013 à 00:45
Moi, je me suis contenté de citer, en premier, le titre du sujet de Yehonathan, trois lignes plus bas, et d'enchaîner à ma guise.
Et ça ne tient, hélas, ni du non-sense britannique, ni de la fatrasie, nous aurions ri, un peu.
draconis
Légende urbaine
21 septembre 2013 à 00:46
Oh comme il est facile, de se cacher derrière un style bien particulier, en tentant de dénigrer le profane, qui ne sait apprécier à sa juste valeur un texte qui ne véhicule aucun message clair, se contentant de faire rimer des mots... Je n'adhère pas à ce style d'écriture, j'ai déjà évoqué tes néologismes, en ce qui me concerne, un texte doit être limpide de sens. Par exemple le lien entre le vieux passeur du Styx, un porte jarretelles et une роіtгіпе velue ?
imotep8
Membre pionnier
21 septembre 2013 à 01:11
Climax 10 Micka 3
...
on apprend pas à un singe qui a roulé sa bosse à faire des grimaces.
Bises aux deux.
sergeclimax69007
Membre suprême
21 septembre 2013 à 02:00
Oh comme il est facile, de se cacher derrière un style bien particulier, en tentant de dénigrer le profane, qui ne sait apprécier à sa juste valeur un texte qui ne véhicule aucun message clair, se contentant de faire rimer des mots... Je n'adhère pas à ce style d'écriture, j'ai déjà évoqué tes néologismes, en ce qui me concerne, un texte doit être limpide de sens. Par exemple le lien entre le vieux passeur du Styx, un porte jarretelles et une роіtгіпе velue ?
Je relis le texte : je n'y perçois rien de délibérément obscur - et pourquoi Charon ne serait pas un travesti ? - ; et puis, tu sais, ce que tu appelles "faire rimer des mots" n'est pas le but, seulement le moyen : la rime appelle des mots - certains sont écartés -, l"histoire se construit ainsi, et ce langage-là ne prétend pas se soustraire à la compréhension.
Il n'y a pas de "profanes" en matière de lectures. La preuve, tu as un avis très tranché sur ce texte-là. Et, quelles que soient tes raisons, elles sont recevables, selon un certain point de vue.
Micka, je n'ai aucun désir de m'empailler avec toi.
draconis
Légende urbaine
21 septembre 2013 à 09:18
Climax il s'agit d'une simple discussion, j'émets une critique sans plus. Charon était généralement représenté sous la forme d'un squelette, vêtu de la robe de bure de la grande faucheuse, l'imaginer en porte jarretelles me choque quelque peu !