Sujet de discussion : Tout va très bien dans l'Education Nationale...
sergeclimax69007
Membre suprême
5 septembre 2011 à 22:11
--- Dans le lycée où je travaille, toutes les classes de seconde sont à 35 élèves, ce qui favorise un rapport pédagogique "personnalisé" avec les élèves. --- Les classes de terminale, idem.
--- L'on continue à appliquer la fameuse "réforme du lycée", avec ses réductions d'horaires et ses enseignements dits d'exploration.
--- Même dans les détails, la destruction du service public se note : une entreprise sous-traitante a réparé le répartiteur (l'endroit où se concentre les flux informatiques du lycée) et a réussi à faire cramer des appareils en installant du 440 volts ; aujourd'hui ce même répartiteur produisait de l'eau, due au système de climatisation qui est utile à ce genre de machine.
--- Le service de documentation a perdu 35 heures par rapport à l'année dernière, et se retrouve avec un poste entier et un trois quart de temps, pour un lycée où il y a 1 100 élèves par jour au Centre de Documentation et d'Information.
--- Les nouveaux professeurs continuent à n'être pas formés, et à être propulsés devant des classes pour effectuer un plein service comme les professeurs chevronnés (anciennement, il avait un stage en responsabilité, sous l’œil attentif d'un tuteur, pour un tiers de temps et deux tiers de temps consacré à des enseignements à l'Institut Universitaire de Formation des Маîtгеs - ceci pendant un an, le temps de valider pratiquement le CAPES ou le CAPET : Certificat d'Aptitude à l'Enseignement dans le Second degré ou dans l'enseignement Technique). Être professeur est donc une choses innée, et ceux qui ont pour tâche d'apprendre aux élèves ne sont pas censés apprendre leur métier (qui est loin du gavage des oies/élèves par des contenus purement disciplinaires).
--- Les Titulaires sur Zone de Remplacement en ce début d'année scolaire, pour la plupart, sont déjà nommés, soit sur des postes fixes, soit en remplacement : rappelons que le mauvais procès qui leur était fait par le ministère était de ne rien faire entre leurs remplacements (ce qui était faux, puisqu'un(e) TZR, rattaché à un établissement, y effectuait des heures de soutien scolaire, entre autres). Si bien, que si vous avez des enfants dont les professeurs ne sont pas remplacés, sachez que l'affectation presque totale des TZR, en ce début d’année, va les placer en face de contractuels (au mieux) et leur fera perdre - en attendant - des heures d'enseignement.
--- Les moyens ayant été réduits, encore et toujours (je renvoie à l'enquête effectuée par le syndicat majoritaire des chefs d'établissement le SNPDEN-UNSA sur les conditions de cette rentrée 2011 et sur les "arbitrages" qui ont sabré dans maints collèges les enseignements artistiques, par exemple), voici comment vos enfants deviennent illettrés, sont livrés à eux-mêmes, ont moins d'heures de français, de langues, des maths que vous n'en avez eues, et voici comment l'on déconsidère l'Enseignement Public et Laïc aux yeux des parents
Lorsque l'on décide de respecter la "règle" (seulement valable pour les comptes publics, pas pour les banquiers) de trois pour cent de déficit maximum, lorsque l'on a qu'une perspective, démanteler et privatiser le jutеuх marché de l'éducation, que l'on s'appelle Sarkozy ou François Hollande (qui a déclaré qu'il ne reviendrait pas sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), peuple de France, voilà ce qui arrive. Du fric pour les banquiers, qui prêtent aux États à des taux usuraires ; la décadence programmée pour les peuples, et la dévaluation de leur force de travail : trop de formation nuit à la flexibilité & puis des diplômes qui correspondent à des niveaux dans les échelles des salaires, ça nuit au profit bien compris des capitalistes, tant la charité - bien ordonnée - commence par l'exploitation ordinaire de la force de travail.
transparence86
Membre expérimenté
5 septembre 2011 à 22:15
Et moi je n'ai pas de poste alors que je n'attends que ça ouinnnnnnnn, j'en ai marre d'être néo-tit TZR snif.
aldebaran
Membre habitué
5 septembre 2011 à 23:17
bon courage à toutes et à tous
fifi37260
Membre pionnier
6 septembre 2011 à 10:51
D'abord si on ne faisait passer en seconde que les élèves qui ont le niveau, il n'y aurait pas 35 élèves par classe. Et puis, 35 élèves par classe c'est surtout 35 utilisateurs du portable =)
transparence86
Membre expérimenté
6 septembre 2011 à 11:16
D'abord si on ne faisait passer en seconde que les élèves qui ont le niveau, il n'y aurait pas 35 élèves par classe. Et puis, 35 élèves par classe c'est surtout 35 utilisateurs du portable =)
pour le portable il suffit de mettre en place des dispositifs communs à l'ensemble du personnel de l'établissement. Ce fut chose faite dans l'ancien bahut et je peux t'assurer qu'au bout de 3 mois, plus aucun élève n'utilisait son portable durant les cours. En tous cas pas durant les miens ^^
dreamer_666
Membre occasionnel
6 septembre 2011 à 15:57
Pffiou même tout ça, bien trop compliqué à comprendre j'ai bien fait d'arrêter tout ça lol
sergeclimax69007
Membre suprême
6 septembre 2011 à 19:50
Les professeurs n'ont pas le monopole des savoirs, et partout s'empilent, sous des formes matérielles ou "virtuelles" des amas de connaissances. Le tout est de les rendre assimilables en les organisant, en les structurant, et en leur donnant des finalités. Tel est le rôle des enseignants.
Aussi, ce qui fonde l’enseignement, depuis que des écoles existent, mettons depuis les écoles de scribes des Sumériens et des Akkadiens, c'est la relation singulière (serait-elle au sеіп d'un groupe) qui s'établit entre un professeur qui transmet et un élève qui apprend : c'est par le biais d'identifications au porteur de savoirs (celui à qui d'ailleurs les élèves peuvent parfois beaucoup trop attribuer...), par le biais de l'émulation au sеіп de la classe, par toutes ces interactions humaines que l'élève peut apprendre.
Si bien que les fameux "Environnements Numériques de Travail" et autres cours dispensés par des machines ratent l'essentiel de ce qu'est l'apprentissage du point de vue de l'élève : apprendre pour soi en étant admiratif d'un mаîtге, que l'on dépassera ; ou apprendre pour soi malgré un mаîtге, que l'on estime être d'une bêtise crasse et désolante, et d'une insipidité tout aussi accablante pour lui en remontrer ; ou...
Cette débauche d'ordinateurs dans les établissements scolaires est un immense cache-misère : un masque pour dissimuler les vides créés par les suppressions d'heures d'enseignement et les suppressions de postes.
Il est honteux de faire accroire aux élèves que l'on apprend, d'abord et avant tout, avec des machines : veut-on fabriquer des êtres froids et insensibles ?
--- Par ailleurs, 35 élèves par classes, ce ne sont pas 35 élèves qui seraient parvenus indument là, c'est d'abord 35 élèves qui font les frais de la politique anti-éducative de ce gouvernement, et éventuellement 35 élèves que l'on aura munis de manuels interасtіfs et autres merveilles du marketing ; ce sont 35 élèves volontairement regroupés en surnombre par la politique de ce gouvernement et sacrifiés au desiderata des banquiers, et de leurs hommes liges qui nous gouvernent.
fifi37260
Membre pionnier
9 septembre 2011 à 11:00
Pour les ordinateurs je suis d'accord, pour le reste bcp moins. On nous rabâche que 36 élèves dans une classe c'est la mort des enfants en difficulté. Il serait intéressant de se pencher sur ces fameux élèves en difficulté. c'est quoi leur difficulté à ces jeunes garçons et fille?
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