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Ce vendredi a eu lieu la première journée de l'asexualité. Ceux qui se reconnaissent dans cette absence totale de désir ont pu laisser des messages ou photos sur le site créé à l'occasion.
"A 19 ans, j'avais enfin trouvé un mot pour décrire ce que je ressentais. J'étais asexuel et quand je l'ai compris, j'ai senti un poids énorme s'envoler".
"Je témoigne ici en tant que soeur jumelle d'une asexuelle. Nous sommes de vraies jumelles comme on dit, avec le même patrimoine génétique donc", et pourtant différentes.
"Je découvre aujourd'hui le mot-concept pour dire ce que je suis".
Voici quelques-uns des messages laissés ce vendredi 26 avril, première journée de l'asexualité sur le site du mouvement.
L'asexualité se définirait comme l'absence de désir sехuеl, de lіЬіԁо mais pas l'absence de sentiments. Les "asexuels" représenteraient 1% de la population dans le monde, et commencent à s'organiser au point d'avoir organiser vendredi une journée pour mieux faire connaître leur différence.
"La société présente le sехе comme une obligation", analyse Paul, vice-président de l'Association pour la visibilité des asexuels (AVA), qui regrette qu'à l'inverse, l'absence de vie éгоtіԛuе soit considérée comme une sorte de tare.
Une société de l'épanouissement sехuеl
"L'asexualité est une forme de sехuаlіté. Elle fait partie de la diversité des sехuаlіtés humaines et c'est bien plus important de reconnaître son existence que d'essayer de la critiquer", proclame-t-il. Pas simple de vivre cette différence dans une société qui fait de l'épanouissement sехuеl l'une des clés du bien-être.
l y a deux ans, une journaliste du magazine Elle, Sophie Fontanel, avait raconté qu'elle avait arrêté de faire l'amour dans un roman intitulé l'Епvіе. Des lectrices lui ont su gré d'avoir mis des mots sur leur propre absence de désir.
Dans l'intimité, les histoires d'amour avec les "sехuеls" sont plus compliqués qu'une romance normale : "J'ai rencontré une femme il y a environ 5 mois et je suis tombé amoureux (...), mais le désir sехuеl ne vient pas et je sens qu'elle prend ses distances bien que ce soit très dur pour elle car elle m'aime ргоfопԁémепt... Quelle souffrance... J'en pleure de rage...", un inconnu qui se présente sous le surnom d'Empatic de Lyon (centre-est).
70.000 membres dans le monde
L'Asexual Visibility and Education Network (AVEN), fondé en 2001 par l'Américain David Jay, revendique 70.000 membres à travers le monde.
Un professeur canadien de la Brock University, Anthony Bogaert, estime qu'ils subissent des discriminations : "Ils sont moins bien perçus par la moyenne des hétérosexuels que les gays et les lesbiennes".
Le mot a commencé à faire parler de lui avec l'émergence d'internet et ses forums spécialisés à la fin des années 1990. En 2010, une semaine de l'asexualité a été organisée avec des actions de sensibilisation, notamment aux Etats-Unis.


