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Ardente ferveur - Littérature & poésie

Sujet de discussion : Ardente ferveur
  • slough-i-will Membre pionnier
    slough-i-will
    • 21 février 2014 à 13:41
    J’ai embrasé notre amour
    Sur tous les monts de ton corps mordoré
    Sur les terres vіегgеs de ta peau satinée
    Dans la jungle de tes cheveux cuivrés
    Dans les eaux claires de tes yeux ravivés
    Au confluent de tes lèvres dulcifiées
    Aux deltas de tes ԁоіgts éthérés

    J’ai embrasé notre amour
    Dans l’ivresse de tes parfums exaltés
    Dans la folie de ton sourire capté
    Aux frissons de tes pensées susurrées
    A l’ardeur de ton âme transportée
    Sous le feu de tes сâlіпs passionnés
    Sous la fureur de tes Ьаіsегs goûtés

    J’ai embrasé notre amour
    Dans la pression de nos corps rapprochés
    Dans la puissance de nos luttes répétées
    Sous la douleur de nos ԁоіgts enlacés
    Sous l'étreinte de nos cuisses encaissées
    A l’explosion de nos désirs comblés
    Aux soupirs de nos deux êtres éreintés

    Ô, souvenir de nos draps chiffonnés
    J’ai embrasé notre amour
  • jakou61 Membre élite
    jakou61
    • 21 février 2014 à 13:56
    On ressent cette passion au travers du texte ; cet fougue ...

    c'est tres beau merci du partage
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 février 2014 à 19:30
    Ce texte est superbe par son rythme, des vers de dix pieds bien cadencés, par une homophonie du son final souvent reprise à l'intérieur des vers, par un système complexe de reprise de sons et de rimes intérieures qui font de ce texte un tout ; par la métaphore filée du corps de l'аmапt(e) qui est aussi des paysages naturels, et des éléments naturels ; par l'expression - déclinée à loisir - de la passion.

    Aussi me permettrai-je deux critiques.

    Il me semble que le mot "сâlіпs" détonne, dans le vocabulaire employé par tout le reste du poème, par son registre, certes affectueux, mais trop - comment dire - familier, "niais" (attention, je ne dis pas "imbécile").

    Le texte coule bien dans son ensemble, vraiment, ça n'achoppe pas, mais un vers comme "A l'ardeur de ton âme transportée" comporte trois dentales qui passent mal, bien qu'elles soient éloignées les unes des autres.

    Je me permets ces critiques, vu le niveau d'exigence de ce texte.


    Le tout forme un texte de la meilleure qualité.


    Félicitations !
  • slough-i-will Membre pionnier
    slough-i-will
    • 21 février 2014 à 19:36
    Ce texte est superbe par son rythme, des vers de dix pieds bien cadencés, par une homophonie du son final souvent reprise à l'intérieur des vers ; par la métaphore filée du corps de l'аmапt(e) qui est aussi des paysages naturels, et des éléments naturels ; par l'expression de la passion.

    Aussi me permettrai-je une seule critique ; il me semble que le mot "сâlіпs" détonne, dans le vocabulaire employé par tout le reste du poème, par son registre, certes affectueux, mais trop - comment dire - familier, "niais" (attention, je ne dis pas "imbécile").

    Le tout forme un texte de la meilleure qualité.

    Félicitations !

    Merci Climax
    Tout à fait d'accord avec toi concernant "сâlіпs". Il m'a cassé les pieds un Ьоп mоmепt et les mots que je souhaitais utiliser à la place pour garder le rythme et l'ambiance avaient trop de pieds eux. Donc j'ai abdiqué avec regret.
    En tout cas je vois que le cheminement de la description métaphorique du corps ne t'a pas échappé.
    Dernière chose, j'apprécie vivement tes analyses qui me font avancer.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 février 2014 à 19:50
    Autre qualité : le fait que les prépositions changent de place au fil des trois laisses de ton texte ; c'est bien, cela détruit la monotonie, c'est de la bonne habileté, qui fait système, comme dans les anciennes pièces poétiques à forme fixe.

    Il est, en effet, important, dans la poésie, de veiller à lier l’ensemble du texte, tant par les sonorités (ça c'est très réussi), que par une sorte de tourniquet savant des prépositions (ça aussi, c'est réussi).

    Eh oui, "сâlіпs", mais bon, passons, si tu n'as pas trouvé un autre mot.

    Par ailleurs, un défaut que je connais bien pour le pratiquer : le cliché du feu (assez discret dans ton poème) à propos de la passion ; il ne s'agit pas de l'expression bien trouvé "J'ai embrasé notre amour", car, à partir d'un jeu de mot, tu montres la réalité de cette consomption par l'amour, mais de "ardeur", ... Ceci dit, comment traduire la сhаlеuг de l'amour, phénomène très physique, commun, universel ? DUR !!!

    Mais, je le répète, le texte est beau !!!
    Ça ne sent pas l'artifice, bien que le texte soit très construit !

    Merci, Sloughiwil !!!
  • slough-i-will Membre pionnier
    slough-i-will
    • 21 février 2014 à 19:55
    Par ailleurs, un défaut que je connais bien pour le pratiquer ; le cliché du feu (assez discret dans ton poème) à propos de la passion.

    Et oui
    Cet éternel cliché de feu, flamme, braise et autre brûlure.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 février 2014 à 20:36
    Eh oui, le cliché du feu, exemple Louise Labé, dite la Belle Cordière, de Lyon.

    Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
    J'ai сhаuԁ extrême en епԁuгапt froidure;
    La vie m'est et trop molle et trop dure,
    J'ai grands ennuis entremélés de joie.

    Tout en un coup je ris et je larmoie,
    Et en рlаіsіг maint grief tourment j'endure,
    Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
    Tout en un coup je sèche et je verdoie.

    Ainsi Amour inconstamment me mène
    Et, quand je pense avoir plus de douleur,
    Sans y penser je me trouve hors de peine.

    Puis, quand je crois ma joie être certaine,
    Et être en haut de mon désiré heur,
    Il me remet en mon premier malheur.

    Louise LABÉ


    Ou encore, Sappho, de Lesbos, la seule femme de l'Antiquité dont les textes nous soient parvenus, c'est dire en quel estime l'on tenait ses douze mille vers, dont ne nous sont resté que des épaves, certaines flamboyantes !


    Il me paraît égal aux dieux
    Celui qui près de toi s’assied,
    Goûte la douceur de ta voix
    Et les délices
    De ce rire qui fond mon cœur
    Et le fait battre sur mes lèvres.
    Sitôt que je vois ton visage,
    Ma voix se brise,
    Ma langue sèche dans ma Ьоuсhе,
    Un feu subtil court sous ma peau,
    Mes oreilles deviennent sourdes,
    .........................................................

    C'est le fameux fragment de Sappho qui a connu au moins cents adaptations au fil du temps. Voyez le beau petit livre paru aux éditions Allia.


    9782911188664FS.gif
  • slough-i-will Membre pionnier
    slough-i-will
    • 21 février 2014 à 20:38
    Eh oui, le cliché du feu, exemple Louise Labé, dite la Belle Cordière, de Lyon.

  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 février 2014 à 20:51
    En fait, peut-on échapper au cliché du feu, de la brulure, de l'embrasement, si l'on entend traiter de l'amour passionné avec son cortège d'effets physiques (le feu intérieur ressenti, comme un feu de brousse qui gagne, et ravage tout) ? Il semblerait que non !!!


    Sloughiwil, plus je relis ton texte, plus je m'aperçois de la subtile correspondance de certains sons à certaines places de tes vers, aidant ainsi l'unité du texte (outre l'unité thématique, l'unité des rimes, l'unité des constructions syntaxiques qui, par ailleurs, sont !) Et plus je m'aperçois combien il coule bien, sauf - il y a toujours un "sauf" chez moi - le deuxième vers : relis ce deuxième vers, il est bien heurté cependant que tu parles d'un "corps mordoré", voilà c'est l'ultime point !


    Tu vas me rendre jaloux ! Et avec justice !
  • slough-i-will Membre pionnier
    slough-i-will
    • 21 février 2014 à 21:05
    On utilise le cliché du feu parce qu'il parle à tout le monde et fait partie de l'univers de l'amour. Je reste persuadé que l'on peut s'en passer et quand même exprimer la force de ce sentiment.

    Pour ce qui est du deuxième vers, il accroche à cause des nombreuses consonnes occlusives.
    Dans le même sens, le troisième vers de la seconde strophe tombe trop vite par rapport aux autres parce que le dernier mot a une syllabe de moins. Ça casse le rythme qui filait depuis le début. Mais si on appuie la dernière syllabe de sourire, on ajoute un pied.

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