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Éric Fraj chante Federico García Lorca en occitan - Littérature & poésie

Sujet de discussion : Éric Fraj chante Federico García Lorca en occitan
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 12:44
    Tout près, tout proche, certains se demandent si des résidus de "patois" se trouvent dans les mémoires.




    Comme cela tombe bien !!!




    Moi, je n'ai jamais pratiqué de "patois" (terme péjoratif consacré par la vision politique et unitaire de la France comme nation ne devant avoir qu'une seule langue nationale) ; par contre, mon immense attrait pour le Sud, et un grand-père issu de l'Ardèche occitanophone, qui sera venu comme des dizaines de milliers d'hommes travailler dans les mines de charbon de Saint-Étienne, m'ont attaché aux langues du Sud, dont l'occitan que j'ai appris à lire, et le portugais à parler, écrire, et utiliser comme langue de travail, outre un fort dégrossissement en espagnol.




    Mais qu'est-ce qu'un "patois" ?




    Les "patois" en France sont des langues minorées, qui n'ont pas eu la grâce de plaire à la République centralisatrice, qui ont été exclues depuis bien avant la République par l'ordonnance de Villers-Cotterêts établissant que tous les actes officiels devaient être rédigés non pas en latin mais en français (ce qui excluait de fait toutes les autres langues parlées en France), qui de n'avoir pas été normalisées, dotées de grammaires et de dictionnaires, et utilisées dans la communication sociale, se sont fragmentées, détériorées, trouvé reléguées à un usage familial ou amical, et réservées à un usage familier (celui des bonnes blagues et des faits pittoresques).




    Les parlers minorés sont moribonds en France, et il faudrait un miracle, semblable à la résurrection de l'hébreu par l’État d'Israël - qui fit le choix de l'hébreu contre celui du yiddish -, pour que l'occitan, qui ne peut s'appuyer que sur le Val d'Aran - où l'occitan est langue officielle, avec le catalan, et le castillan - pour s'affermir, retrouve sa grande vitalité du début du vingtième siècle.




    Les Amitiés Max Rouquette me font parvenir le fait qu’Éric Fraj chante, en langue occitane, des traductions de Federico García Lorca, traductions faites tout au long de sa vie par Max Rouquette, l'auteur, entre autres, d'une "Médée" que vous pouvez trouver en traduction française dans une collection scolaire, et surtout l'auteur du livre, sепsuеl et d'une haute tenue de langage, traduit en de multiples langues, "Vert Paradis".




    Voici le lien vers la page internet.




    Vous pourrez entendre deux chansons, "La Lola", "Arma absenta", d'un locuteur de l'occitan, capable aussi de manier le catalan et le castillan.





    http://www.max-rouquette.org/commandes/fraj-lorca.htm




    Ces deux chansons font partie d'un disque qui se trouve à la vente pour dix-huit euros (frais d'envoi compris), ce qui n'est pas cher sur le marché du disque !!!




    Quoi qu'il en soit, prenez le temps, et le рlаіsіг, d'écouter chanter en occitan !



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    D'autres chansons d'Éric Fraj.









    Je traduis.





    "Tornarè pas jamai tan fòrt/"Je ne redeviendrai jamais aussi fort fort
    Coma som estat"/Comme je l'ai été"
    Disiá le vièlh sul pas de l'òrt/Disait le vieil homme au seuil de son jardin
    Les uèlhs baissats/ Les yeux inclinés.
    "Tornarem pas far la dalhada/"Nous ne couperons pas de nouveau l'herbe avec la faux
    Coma autris còps/Comme nous l'avons fait les autres fois
    Ni mai anuèit a la velhada/Et, la nuit, nous ne ferons plus à la veillée
    Batar d'esclòps.../Résonner nos sabots.
    Le temps s'atruma/Le temps vire au vilain,
    Farà pas bèl/Il ne fera pas beau.
    Las agassas an begut le solelh !/Les pies ont bu le soleil !
    Que venga l'ivèrn o l'estiu/Que vienne l'hiver ou que vienne l'été,
    Res cambia pas/Plus rien ne change.
    De viure ací èra agradiu/La vie, ici, était plaisante
    Al temps passat.../Dans le passé...
    Dison que tornamai deman/On dit que, de nouveau, demain,
    Dins le vilatge/Dans le village,
    De joves vепԁràn far de pan/Des jeunes viendront faire du pain
    E de fromatge.../Et du fromage...
    Podètz venir fargar le temps/Vous pouvez venir pour forger le temps,
    La vida es dura/La vie est dure.
    E vos caldrà passar sovent/Il vous faudra passer souvent
    De grais d'endura.../De la graisse d'епԁuгапсе...
    Joves, cal pas vos en saber mal/Jeunes gens, ne le prenez pas mal :
    Se parli pas/Si je ne parle pas,
    Es que la lenga de l'ostal/C'est que la langue natale,
    La sabètz pas.../Vous ne la connaissez pas...
    M'en vau anar tot doçament/Je m'en vais me rendre tout doucement
    Plegar la taula/Pour débarrasser la table,
    Far la vaissèla, bèlament/Faire la vaisselle, avec la beauté
    De las paraulas.../des paroles...
    Me caldrà netejar l'ostal/Il va falloir que je nettoie la maison,
    Barrar las pòrtas/que je verrouille les portes.
    Le temps a getat son tremalh/Le temps a balancé son filet
    D'annadas mòrtas.../D'années mortes.





  • cactus_sss Membre suprême
    cactus_sss
    • 21 janvier 2014 à 13:31
    Tiens, tu fais le Grifounet ?!
    Tu aurais pu poster dans le topic d'Herve, puisque ça parle de la même chose, égoïste que tu es, tiens ! ...
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 13:45
    Non, ça ne parle pas de la même chose, dans l'autre sujet il s'agit de se rappeler ce que l'on a entendu en fait de "patois", or à Saint-Étienne, ma ville natale, je n'ai jamais entendu que le français régional mâtiné de quelques mots "gagas" - les restes lexicographiques du parler franco-provençal autrefois pratiqué dans la région stéphanoise.


    Là, il s'agit d'adaptations par un grand poète de langue occitane de poèmes de F. G. Lorca : tout le contraire de restes, et de souvenirs extraits de la mémoire ; il s'agit de l'occitan vivant tel que ceux qui le parlent encore, et les occitanistes, et les partisans d'une langue minorée peuvent le pratiquer.


    L'occitan n'est pas une langue morte, bien qu'elle soit en grand danger d'extinction, et je ne vais pas aller chercher dans un musée personnel que je n'ai pas des souvenirs qui ne seraient pas les miens.


    J'ai pour toutes les langues du Sud, catalan, castillan, portugais, galicien, occitan (dans toutes ses variantes dialectales), mirandais, asturien, léonais, le plus grand penchant.


    Et c'est une joie pour moi que de pouvoir annoncer ici une production de qualité !!! En occitan !



    --- Quant au rapprochement entre moi et Grifounet (qui a disparu de la circulation), je ne vois pas ce qui te permet de le faire !!!
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 13:50




    Encore d'autres chants !



  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 14:58
    Ah, disponibles de l'auteur Max Rouquette (Rouquette étant un nom de famille occitan très répandu, et celui de plusieurs écrivains de langue occitane, dont Yves Rouquette, l'amusant Yves Rouquette, dont sont attendrissants les souvenirs familiaux) :




    9782210755222FS.gif




    9782330013066FS.gif




    3341348601991FS.gif




    book_33.jpg





    mieja-gauta.jpg





    cantejondo.jpg





    L252xH390_couv1chicana1-f65.jpg
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 15:08
    Inscriptions_de_Max_ROUQUETTE__---pendant_qu_il_est_possible_de_couper_mes_pieds_.jpg



    MR-40-ans.jpg




    Rouquette-196-1-photo---Georges-Souche.jpg




    Max Rouquette, le traducteur des poèmes de Federico García Lorca, que chante Éric Fraj.
  • nigivir Membre élite
    nigivir
    • 21 janvier 2014 à 15:17
    Bonjour Climax, merci!

    J'avoue que j'ai un peu de mal à écouter des adaptations musicales de poèmes traduits, surtout lorsque j'en connais la langue d'origine.

    Mais je dois toutefois reconnaître que ce Eric Fraj a une belle voix et que ses adaptations sont intéressantes et évocatrices.

    Il n'empêche que pour Lorca, je préfère de loin les adaptations du merveilleux Amancio Prada
    ("son" Cántico Espiritual tire des larmes! Et il chante en galicien aussi)



    Ainsi que celles du plus classique Paco Ibañez:

  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 21 janvier 2014 à 16:30
    Hasbeen, Max Rouquette tout au long de sa vie a puisé un exemple dans Lorca, et dans la pureté de sa langue ; alors, vaille que vaille, ces traductions occitanes existent, et marquent la grande séduction - la très juste séduction - qu'a exercé Lorca sur sa génération.

    Quant au chant d'Amancio Prada, que je découvre, merci ! Amancio Prada est habité par le texte, il le ressent, il le tгапsmet impeccable ; c'est grand et cela touche !!! La noblesse de la parole est là ; oui, cela est grand !!! Bis repetita placent !

    Je le mets dans mes onglets !!!

  • nigivir Membre élite
    nigivir
    • 21 janvier 2014 à 17:57


    Quant au chant d'Amancio Prada, que je découvre, merci ! Amancio Prada est habité par le texte, il le ressent, il le tгапsmet impeccable ; c'est grand et cela touche !!! La noblesse de la parole est là ; oui, cela est grand !!! Bis repetita placent !


    Je ne saurais trop te conseiller son adaptation du Cántico Espiritual de San Juan de la Cruz qui te fait sentir de façon bouleversante ce qu'est la poésie mystique.

    Bonne découverte!

  • yoomy Membre suprême
    yoomy
    • 21 janvier 2014 à 18:35
    Merci pour cette mise au point Clicli, il me tardait de te revoir dans un topic sur la culture occitane :) xo

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