C'est peut être plus protéger les soignants qui préparent et posent les perfs, qui en règlent le débit :
pas facile de passer à l'acte.
Quand on est soignant, difficile de passer "de la perf qui soigne à la perf qui tue" avec le regard; les mains, les corps des personnes qui souffrent tout en sachant que leur lutte et souffrance sont vaines inutiles.... mais qui gardent l' espoir du miracle.... nous le savons aussi.
que se passe t il, alors, dans ce jeu de dupe?
c'est une façon de se nier : on passe du soignant au soi niant.
qu'y a t il dans notre pratique à l'égard du patient, à ce moment là?
qu'est ce que prendre soin? quand un soignant comprend que l'acte de soigner ne sert a rien, qu'on le fait en attendant que le verdict médical tombe " vous pouvez l'endormir, la famille est au courant".......
certains sombrent dans le soi gnian gnian.
parfois, les patients déposent leur dernier lien : soucis; regret, espoir et s'en vont dans la nuit, d'autres s'accrochent...
à ce qui rejoint votre dernier post sur le bonheur.....
voilà à brûle pourpoint ce que m'inspire votre réflexion
cela va faire 15 ans que je ne travaille plus en cancéro je suis toujours réveillée par les rêves de la poseuse de perfs que j'étais, alors.......
est ce qu'une loi sur l'euthanasie m' aurait empêchée de rêver, de me questionner, sur ma pratique, ma philosophie de soins
....non
mais je n'aurais pas peut être pas autant culpabiliser....surtout que c'est pareil en réanimation quoiqu'on n'en dise avec sous lettre.....
désolée si c'est lourd....
expérience vécue aussi en réanimation.
