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Internet et attitude religieuse

Sujet de discussion : Internet et attitude religieuse
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 16 juillet 2012 à 20:43
    "Dieu", essentiellement, est indéfinissable. Et inconnaissable.

    Le croyant se repose en lui, inquiet de son silence mais - de ce fait - d'autant plus avide et tendu vers Lui (et nous avons des mystiques tourmentés, tels Blaise Pascal) ou le croyant, dans une calme sérénité, se conforte dans la présence toujours donnée de "Dieu" avec la possibilité d'entretenir avec Lui une communication, souvent en-deçà des mots, faites d'impressions vivement ressenties (et nous avons de ces expériences mystiques, qui bouleversent des vies).

    Quoiqu'il en soit, ce que l'on appelle Dieu demeure un fondement, une sûreté, une Présence, qui ne laisse jamais seul, et qui entrelace l'homme - atomisé et disséminé dans la multitude de ses gestes et de ses pensées - dans des liens persistants, par une Présence qui donne de la consistance à ce que nous sommes, à nous qui souvent ne sommes nous-même qu'en pointillés.

    Internet, par sa disponibilité immédiate, par sa présence en tous lieux et en tous temps (ubiquité et trans-temporalité), par le sentiment d’appartenance qu'il peut procurer (par sa fonction d'apaisement rassurant d'être sirué et relié), par les espoirs de dialogues qu'il offre (contrebalancés par les silences si fréquents comme réponse), par ce сhаuԁ enlacement qu'il fait miroiter, par l'inconnu multiple que sont mes éventuels correspondants (ah, ce "Dieu" caché qui se tait ou qui répond comme il l'entend) ME SEMBLE UN ÉQUIVALENT LAÏC DE LA DIVINITÉ DES MONOTHÉISMES.

    Mais le parallèle a ses limites : les processeurs, et les réseaux, qui nous mettent en contact, bien qu'ils nous enveloppent de leur présence, partout et toujours, sont une réalité qui ne prétend à aucune transcendance au-delà (quoi qu'il existe de sites où des entités que vous aurez créées "vivront" par-delà votre mort, la mort de leur créateur). Quoique... En effet, certains ne voient-ils pas dans toute cette machinerie, où l'on parle les langues de Babel, comme la mise en évidence (et l'assomption) de la pensée qui habitait depuis longtemps notre Mère Gaïa, si nous allions une pensée écologiste attribuant à la terre le statut d'un être vivant avec une pensée hyper-techniciste ?

    Bon, après avoir pondu cette réflexion, que je sоumеts à votre perplexité (qui ne manquera pas de me valoir quelques sentiments d'inquiétude quant à ma santé mentale), je retourne planter mes choux dans mon jardin.

    Mais qu'est-ce qu'internet ? Un "mystère" !!! Je peine à cerner la chose...

    --- Je sais bien qu'il y a des CROYANTS pour qui ces rapprochements peuvent paraître INDÉCENTS ; mais, sachez que je ne m'applique pas, avec malignité, à des rapprochements qui seraient désobligeants, pour offenser des croyances religieuses.

    Pour vous, croyants, Dieu EST ; pour moi, athée, c'est une abstraction FASCINANTE.

    Et comme nous vivons dans une république LAÏQUE, nous avons les uns par rapport aux autres l'avantage, grâce à la laïcité, DE POSSÉDER EN PARTAGE INDIVIS UN ESPACE COMMUN où les affirmations de votre credo et mes réflexions peuvent se rencontrer, se frotter, s'évaluer, se discuter, sans que vous abandonniez la moindre parcelle de ce à quoi vous tenez ӏNТӏМЕMENT

    La laïcité est une disposition constitutionnelle précieuse, qui change toute la physionomie des dialogues et des confrontations possibles. Pour, j'espère égoïstement, mon plus grand profit, je vous sоumеts cela qui n'est pas dans un état d'achèvement parfait, loin de là ; ça m'est tombé cet après-midi (peut-être une réminiscence de lectures, je ne sais pas).

    Cela ouvre la discussion sur l’omniprésence, l'intemporalité ou la trans-temporalité de l'internet et de "Dieu" : rapprochements et différences.

    Et croyez bien que si internet est un substitut laïc de "Dieu" - si ma spéculation tombait un peu juste - eh bien ça ne ferait pas mon affaire !!! Mais quelles perspectives de questionnement !!!
  • pouskashoi Membre occasionnel
    pouskashoi
    • 16 juillet 2012 à 22:38
    Personnellement, je suis également athée. Et je vois d'autres limites à ta réflexion.

    Le but premier d'une religion, quelle qu'elle soit, monothéiste ou polythéiste, est d'expliquer toute chose que l'homme n'est pas capable d'expliquer rationnellement. Le but premier d'une religion est de combattre ses peurs en plaçant sa confiance dans un être tout puissant qui veut ton bien. Ce que ne permet pas internet.

    Depuis les progrès de la science, on est capable de répondre à beaucoup de questions :
    - l'origine du monde et de l'homme, à défaut de pouvoir expliquer l'origine de l'univers.
    - une très grande majorité des manifestations naturelles : orages, éruptions volcaniques, maladies, séismes, et beaucoup d'autres, que l'on attribuait jusque là à un dieu mécontent.

    Pour autant, restent deux choses qui justifient encore la croyance : la mort et l'amour.
    - La mort, parce que les gens ont peur de la fin en tant que telle. Le déni de la mort, son rejet, est omniprésent dans notre société. Que ce soit le refus de sa propre mort comme celle des personnes que l'on aime. Par conséquent, on ne peut pas disparaitre, on ne peut pas être réduit à un cadavre pourissant dans la terre ; on doit vivre au delà de la mort, "dans le ciel".
    - L'amour, parce que l'on construit notre vie sur l'amour des autres. On se sent donc responsable d'eux, on ne peut les perdre. On prie pour eux, pour leur survie, pour leur réussite, pour leur guérison, pour leur bonheur, et ainsi de suite. La religion incarne ici la protection, le soutien, l'espoir, et parfois beaucoup plus.

    Je concluerai en précisant à nouveau que je suis athée, et que je ne crois absolument pas en dieu. Et je précise également que, malgré un certain nombre de bienfaits, la religion (quelle qu'elle soit) est délètère, et présente plus d'inconvénients que d'avantages.
  • arabina Membre confirmé
    arabina
    • 17 juillet 2012 à 00:34
    La religion, c'est tout d'abord la spiritualité, la transcendance. De la transcendance, nous sommes passés à l'immanence, c'est à dire la Raison. Et de la raison, à l'émotion. C'est pourquoi nous vivons une époque aussi médiocre, médiocre dans les idées, la pensée, plus aucun concepts et accouchant de phrases creuses devenues maximes, telles que "vivons avec son temps".
    Bref, notre ère est médiocre, c'est pourquoi plus jamais пus n'aurons de Homère, de Saint Thomas d'Acquin, de Pascal, de Molière... Mais des cultuгоs mondains s'improvisant écrivains, qui ont trouvé pour toute subversion, dans une France déchristianisée, de critiquer la religion, mimant des рéԁо-criminels рагtоuzеurs, adeptes de la petitionnite : de Sartre à Houellbecq.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 17 juillet 2012 à 00:36
    Personnellement, je suis également athée. Et je vois d'autres limites à ta réflexion.

    Le but premier d'une religion, quelle qu'elle soit, monothéiste ou polythéiste, est d'expliquer toute chose que l'homme n'est pas capable d'expliquer rationnellement. Le but premier d'une religion est de combattre ses peurs en plaçant sa confiance dans un être tout puissant qui veut ton bien. Ce que ne permet pas internet.

    Depuis les progrès de la science, on est capable de répondre à beaucoup de questions :
    - l'origine du monde et de l'homme, à défaut de pouvoir expliquer l'origine de l'univers.
    - une très grande majorité des manifestations naturelles : orages, éruptions volcaniques, maladies, séismes, et beaucoup d'autres, que l'on attribuait jusque là à un dieu mécontent.

    Pour autant, restent deux choses qui justifient encore la croyance : la mort et l'amour.
    - La mort, parce que les gens ont peur de la fin en tant que telle. Le déni de la mort, son rejet, est omniprésent dans notre société. Que ce soit le refus de sa propre mort comme celle des personnes que l'on aime. Par conséquent, on ne peut pas disparaitre, on ne peut pas être réduit à un cadavre pourissant dans la terre ; on doit vivre au delà de la mort, "dans le ciel".
    - L'amour, parce que l'on construit notre vie sur l'amour des autres. On se sent donc responsable d'eux, on ne peut les perdre. On prie pour eux, pour leur survie, pour leur réussite, pour leur guérison, pour leur bonheur, et ainsi de suite. La religion incarne ici la protection, le soutien, l'espoir, et parfois beaucoup plus.

    Je concluerai en précisant à nouveau que je suis athée, et que je ne crois absolument pas en dieu. Et je précise également que, malgré un certain nombre de bienfaits, la religion (quelle qu'elle soit) est délètère, et présente plus d'inconvénients que d'avantages.

    Mais, entre athées, là dessus nous tomberons d'accord ; que les sciences naturelles (avec l'explication scientifique de l'évolution des espèces, avec la connaissance du schéma général de l'évolution de la vie depuis les micro-organismes jusqu'à nous) ainsi que la cosmologie actuelle réduisent Dieu à la portion congrue ; et que nous ne puissions remonter au-delà du big-bang (pas encore) ne laisse aucun mystère, simplement un inconnu que ne vient pas геmрlіг un mot vide de sens, mais chargés par des millénaire d'affects, lequel posé comme un fondement incréé (et en vertu de quoi serait-il incréé), n'explique rien.

    En tant qu'athée, j'ai bien intégré ce que tu évoques, ainsi que les raison primordiales - d'ordre psychologique - qui affermissent une croyance en un Dieu (ce sont les raison donnés par le matérialiste Épicure et son école philosophique, il y a plus de vingt siècles).

    Ma question, vois-tu, porte davantage, mais peut-être cela ne te stimule pas, je crois le sentir, sur les "remplaçants" de Dieu : je trouve à internet l'ubiquité, la trans-temporalité, l'adoration (qui retombe) qui nous promettait une nouvelle ère avec les "nouvelles technologies", ce réseau de pensées autour de la terre flottant comme un Dieu dans l'espace, ce fétiche qu'est internet auquel je reviens encore et toujours, la présence qu'internet nous offre comme une assise dans un monde bien délité, des sentiments communautaires d'appartenance qui installe un liaison forte, la tension vers un foule d'inconnu(e)s comme est tendu le fidèle vers son Dieu.

    Toutes ces similitudes sont-elles de pure rencontre, et ma remarque sur le relais laïc que serait internet par rapport à un Dieu est-elle insensée, incongrue, sans importance ou bien n'y aurait-il pas là une ATTITUDE RELIGIEUSE dans laquelle nous serions pris que nous le voulions ou non ???

    Je pose cette question parce que si les athées peuvent en finir avec l'adoration d'un Dieu, n'est-il pas intéressant, pour eux mais aussi pour ceux qui ne sont pas athées de vérifier combien à se croire dégagé de Dieu, on en subit une influence persistante ??????? --- Et je n'insinue pas par là que nous ne pourrions pas nous passer de Dieu et de ses succédanés, que Dieu connaîtrait des métamorphose successives au cours de l'histoire et qu'il ne laisserait pas de signifier quelque chose pour les humains.

    Alors, je comprends bien que tu me remets vers le b.a ba de l'athéisme ; et que tu veux me dire que mes vagabondages intellectuels brouillent les choses; mais ma crainte est, qu'au-delà des similitudes entre internet et "Dieu", il y ait une véritable parenté.

    Voilà ce que j'aimerais éclaircir.

    Quelqu'un, ou toi, pourrait-il éclairer ma lanterne ???
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 17 juillet 2012 à 01:05
    La religion, c'est tout d'abord la spiritualité, la transcendance. De la transcendance, nous sommes passés à l'immanence, c'est à dire la Raison. Et de la raison, à l'émotion. C'est pourquoi nous vivons une époque aussi médiocre, médiocre dans les idées, la pensée, plus aucun concepts et accouchant de phrases creuses devenues maximes, telles que "vivons avec son temps".
    Bref, notre ère est médiocre, c'est pourquoi plus jamais пus n'aurons de Homère, de Saint Thomas d'Acquin, de Pascal, de Molière... Mais des cultuгоs mondains s'improvisant écrivains, qui ont trouvé pour toute subversion, dans une France déchristianisée, de critiquer la religion, mimant des рéԁо-criminels рагtоuzеurs, adeptes de la petitionnite : de Sartre à Houellbecq.

    Arabina, ton schéma historique et ton sentiment élevé de la religion, je les entends et ne les trouve pas plus déraisonnables que d'autres explications, mais un bémol : comparer Sartre à Houellebecq me paraît une simplification préjudiciable à ton discernement ; un homme de cet envergure , avec bien des défauts, mais une réflexion, comparé à un Houellebecq, très méprisant de ses contemporains, sans pensée systématique, ne mérite pas cet amalgame, mais je ne te prêche pas son adoration, simplement de distinguer entre les deux. Maintenant qu'il y ait décadence pour toi, et que ça commencerait avec Sartre, telle est ton opinion.

    Tu remarqueras que mon sujet ne se proposait pas d'attaquer quelque religion, mais relevait une ressemblance entre le lien à internet et le lien à Dieu lorsque l'on est croyant(e).

    Si je te comprends bien : la transcendance de Dieu, vu que maintenant nous sommes dans l'ère de l'immanence, ԁоmіпée par les émotions, n’aurait aucun point de rencontre avec une pratique tout immanente de l'internet, réseau immanent ; c'est ce que je peux déduire de ta réponse ?

    Et mon rapprochement premier témoignerait que je n'ai pas d'expérience religieuse іпtіmе ?

    D'où ta salve visant les "cultuго-modains", qui par ricochet atteindrait mon propos ? [Il faut bien que je trouve un sens à cette diatribe - la tienne - qui tombe comme un cheveu sur la soupe, et que je la remette en situation, et que j'essaie de me l'expliquer !]

    Tu noteras que je pose des questions, et n'affirme pas !!!

    Mais une question : attribues-tu une vie de l'esprit à un(e) athée ?
    Et ce qui est spirituel est-il pour toi équivalent à la vie de "l'âme" (principe infus dans les humains par Dieu, selon une vision religieuse) ?
  • pouskashoi Membre occasionnel
    pouskashoi
    • 17 juillet 2012 à 02:29
    @Arabina, si tu considères que notre période est médiocre, et que la religion est solution, je te recommande de retourner quelques siècles en arrière, sous l'inquisition, et de vivre ton homosexualité à la lumière du jour. La religion est responsable d'un nombre incalculable d'abjections plus dégueulasses les unes que les autres, alors épargne nous ce genre de réquisitoire.

    @Climax. Je vois plus ou moins ce que tu veux dire, et ce n'est pas inintéressant de le soulever. Mais je t'avouerais que j'ai du mal à adhérer à ton point de vue.

    D'une part, on peut estimer que tes arguments tiennent la route : il suffit de regarder de quelle manière les gens se confient sur ce forum, déversent leurs problèmes personnels, demandent conseil, demandent reconnaissance et soutien, demandent confiance, etc...

    D'autre part, je n'arrive pas à discerner d'attitude religieuse là dedans. Dans une attitude religieuse, il y a pour moi, certains éléments qu'on ne retrouve pas dans l'usage d'internet :
    - la sоumіssіоп : sоumіssіоп à dieu, aux lois qu'on lui prête, à certains codes, pour obtenir la rédemption ou le salut de l'âme.
    - les rituels religieux, les offices, avec un meneur, que ce soit à petite (prêtre) ou grande (pape) échelle.
    - la morale (qui est censée être de mise dans la religion, ce qui n'est plus le cas, si tant est qu'on puisse dire que c'était le cas auparavant). Il suffit de citer la рогпоgгарhіе, les prédateurs, les blogs fascistes, etc...
    - l'adoration, voire même la dépendance, qui n'est quand même pas le lot de la majorité.
    - les raisons justifiant l'existence de la religion que j'ai évoqué précédemment.
    - la spiritualité qui est totalement absente dans l'usage d'internet, le fait même de "croire", d'avoir la foi. Personne n'a de confiance illimitée en internet, ça parait évident.
    - la pensée magique, également absente.

    Pour moi, internet est tout simplement un support de communication, d'expression libre, voire même un formidable exutoire ; mais n'a strictement rien de commun avec la religion.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 17 juillet 2012 à 10:10
    @Arabina, si tu considères que notre période est médiocre, et que la religion est solution, je te recommande de retourner quelques siècles en arrière, sous l'inquisition, et de vivre ton homosexualité à la lumière du jour. La religion est responsable d'un nombre incalculable d'abjections plus dégueulasses les unes que les autres, alors épargne nous ce genre de réquisitoire.

    @Climax. Je vois plus ou moins ce que tu veux dire, et ce n'est pas inintéressant de le soulever. Mais je t'avouerais que j'ai du mal à adhérer à ton point de vue.

    D'une part, on peut estimer que tes arguments tiennent la route : il suffit de regarder de quelle manière les gens se confient sur ce forum, déversent leurs problèmes personnels, demandent conseil, demandent reconnaissance et soutien, demandent confiance, etc...

    D'autre part, je n'arrive pas à discerner d'attitude religieuse là dedans. Dans une attitude religieuse, il y a pour moi, certains éléments qu'on ne retrouve pas dans l'usage d'internet :
    - la sоumіssіоп : sоumіssіоп à dieu, aux lois qu'on lui prête, à certains codes, pour obtenir la rédemption ou le salut de l'âme.
    - les rituels religieux, les offices, avec un meneur, que ce soit à petite (prêtre) ou grande (pape) échelle.
    - la morale (qui est censée être de mise dans la religion, ce qui n'est plus le cas, si tant est qu'on puisse dire que c'était le cas auparavant). Il suffit de citer la рогпоgгарhіе, les prédateurs, les blogs fascistes, etc...
    - l'adoration, voire même la dépendance, qui n'est quand même pas le lot de la majorité.
    - les raisons justifiant l'existence de la religion que j'ai évoqué précédemment.
    - la spiritualité qui est totalement absente dans l'usage d'internet, le fait même de "croire", d'avoir la foi. Personne n'a de confiance illimitée en internet, ça parait évident.
    - la pensée magique, également absente.

    Pour moi, internet est tout simplement un support de communication, d'expression libre, voire même un formidable exutoire ; mais n'a strictement rien de commun avec la religion.

    Eh bien, vois-tu, enfin une réponse qui est détaillée, et qui ne s'aveugle pas sur les prétendus mérites des religions. Si je peux parler avec un croyant, je ne peux pas discuter avec un ou une apologiste, dont le but est de défendre la religion, qui serait attaquée. Pas plus que je ne trouve bien de l'intérêt avec la défense de l'athéisme, qui - vu les amabilités fort douteuses des ayatollahs, des présidents américains et autres empapaoutés - s'alimente de lui-même.

    Je réfléchirai à ta réflexion. Qui en est une, et dûment argumentée. Pas une manière de saisir une occasion et de déverser ce que l'on croit ou ce que l'on ne croit pas.

    Merci !

  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 17 juillet 2012 à 18:41
    --- Après avoir relu, vers le soir ton argumentation, Poukashoi, j'estime que tu as raison, et que je ne peux pas assimiler - en toute rigueur - internet, omniprésent, à qui on demande aides et conseils, à qui on s’adresse bien que ce soit à des inconnus pour le prier d'avoir des solutions, avec un Dieu.

    Il n'y a pas les rites, il n'y a pas de "prophètes" (quoique l'encens distribué à Steve Jobs l'ait mis en odeur de sainteté planétaire), il n'y a pas de hiérarchie des préséances religieuses (comme dans le christianisme, serait-ce dans le protestantisme qui dut bien vite renoncer à la lecture et l'interprétation par chacun de la Bible sinon il n'y aurait plus eu cette structure de maintien de l'ordre social et idéologique qu'est une Église ; ou comme dans l'islam, avec - pour le sunnisme - "un commandeur des croyants" au Maroc, la nostalgie du califat aboli par Kemal Atatürk, son université d'El-Azha, et pour le chiisme, toute la hiérarchie des ayatollahs et des imams), il n'y a pas d'office...

    Bref, internet, comme Dieu, est un fétiche.
    C'est leur point de rencontre.

    --- Pour terminer, à Arabina et à d'autres, je vais raconter une histoire : pendant des années, j'ai fréquenté, en tant qu'aide aux cuisines, une colonie de vacances dirigé par des chrétiens, amis, et même un abbé ; les discussions étaient rudes, le soir ; nous échangions, qui un extrait de Marx, qui un extrait (voire l'intégralité !) d'un texte émanant de la conférence épiscopale : pour autant, il n'y eut jamais de MÉPRIS ENTRE NOUS;

    Et ces chrétiens ne se croyaient pas menacés parce que je tenais des propos n'entrant pas dans les lignes de leur orthodoxie : dois-je dire que c'est un des bienfaits de la laïcité, sans doute ; mais aussi, de la volonté de ne pas EN REMONTRER AVEC UN TON D'UNE HAUTEUR MÉPRISANTE à son interlocuteur.

    Le raccourci, par exemple, que fait Arabina, dans son histoire de la décadence dans laquelle nous serions, passant de Sartre à Houëllebec est saisissant : ne pas traiter de la question, ou la traiter par le non-dit et des propos fulminants, comme s'il y avait là une mission salutaire à accomplir est stupéfiant. Cela laisse sans voix : comment dialoguer face à cela ? Est-ce possible ? Je ne demande pas à Arabina de changer, bien évidemment ; je lui expose simplement l'effet que me font ses propos.

    Décidément, pour certains, même la théologie doit être un péché ; seul le rapport à la transcendance dans l'exaltation des noms de Dieu doit être acceptable !!!
  • pouskashoi Membre occasionnel
    pouskashoi
    • 17 juillet 2012 à 20:19
    Content d'avoir pu discuter avec toi ! En espérant qu'on ait d'autres conversations intéressantes par la suite, à bientôt.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 17 juillet 2012 à 23:16
    Content d'avoir pu discuter avec toi ! En espérant qu'on ait d'autres conversations intéressantes par la suite, à bientôt.

    Je suis une tête de mule, sans aucun doute, et fort enragé quelquefois, et athée (fasciné par les constructions théologiques des religions, qui sont des constructions de l'imaginaire - pour moi), un fervent partisan de la laïcité (qui - ce n'est pas un vain mot - ne demande pas la relativisation de sa croyance ou de son absence de croyance, mais qui nous ouvre un espace commun de dialogue ou de confrontation).

    Mon sujet voulait, ouvertement, être un objet que chacun pourrait s'approprier ; c'est pourquoi je n'ai pu dire à ta première intervention que mon accord sur ce qu'elle affirmait mais je suis resté sur ma faim, parce que je ne crois pas que l'on puisse se protéger, en se déclarant athée, de toute influence possible par les religions ; et je n'ai pu dire à notre tongaysienne liant une décadence actuelle de la civilisation humaine à la tombée dans une "immanence" qui plus est pleurnicharde, selon ses dires, que le seul fait qu'elle me laissait perplexe, et qu'elle me plaçait dans la position de devoir interpréter sa diatribe.

    Mais lorsque l'on prend la peine de me rappeler des éléments qui caractérisent les religions, par rapport à internet, cela m'éclaire, et surtout sur les traits pathologiques que je développe à son égard.
    C'est ce que tu as fait. Merci.
    Il peut y avoir analogie entre internet et attitude religieuse mais il n'y a pas d'identité, au contraire une somme de traits les différenciant.

    Fétiche et fétісhіsmе... A creuser !

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