Lisant, comme à mon habitude dans le métro(politain), "Os Lusíadas" de Luís Vaz de Camões, cette magnifique épopée de langue portugaise, je tombai sur cet intéressant passage : les Portugais partent du Malabar, ils ont parcouru bien des mers, affronté bien des dangers, et Vénus pour leur donner du repos avant le voyage de retour imagine de faire surgir des flots une île des amours avec les nymphes les plus aguichantes et les plus affolantes qui soient ; elle vient faire appel à son fils, le dieu aveugle Cupidon (oui, des allégories, le texte est du seizième siècle !!!) :
"Já sobre os Idálios montes pende,
Onde o filho frecheiro estava então
Ajuntando muitos outros ; que pretende
Fazer uma famosa expedição
Contra o mundo rebelde ; porque emende
Erros grandes, que há dias nelle estão
Amando cousas, que nos foram dadas,
Não por ser amadas, mas usadas"
(Chant IX, strophe XXV)
Je ne vais pas faire une traduction assonancée et rythmée, parce que cela demande beaucoup de temps, que je n'ai pas : "Déjà sur les montagnes Idaliennes elle va montant, se dirigeant aux lieux où son fils, l'archer, se trouvait à rassembler une multitude de gens ; il prétend mener une expédition exemplaire contre le monde en rébellion ; ceci pour corriger en lui des errements éminents ; il y a bien des jours que là-bas ils en sont à aimer des choses, qui nous furent données, non pas pour être aimées, mais afin qu'un usage en soit fait."
Et je me suis dit : tiens, mais il est question de l'amour donné à des choses, indignes selon Vénus, mais que nous idolâtrons, que nous fétichisons, comme internet par exemple qui nous extrait de la solitude, et nous offre souvent un semblant de contact, mais c'est de l'adoration pathologique, c'est une addiction, et notre temps se broie dans les mâchoires du temps, et pour des fantômes très fugaces.
Alors me voilà bien malade !!! Et pensif ! Une cure de désintoxication s'impose !!!



Que de nouvelles pathologies, ou de nouvelles formes de pathologies liées au "virtuel", virtuel dans la mesure où nous ne sommes que des abstractions, bien remuantes des fois



, mais des abstractions les uns pour les autres. Et ne croyez pas que les portraits (les photographies) vous dotent d'un poids de réalité indiscutable. Je ne vous vois qu'à travers mes propres filtres et mes projections préalables à toute perception, et ne vous perçois que modelé(e)s par mon expérience du monde, qui a fabriqué pour mon usage, selon mon histoire personnelle, des oeillères, réduisant mon champ perceptif, mais l'organisant.