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Je fais don de mоп согрs... (page 2)

Sujet de discussion : Je fais don de mоп согрs...
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 12:02
    “Mais qui donne en plus de ce qu’il est pour valoir plus qu’il n’est (soit plus qu’il n’a d’abord reçu) pense augmenter ce qu’il est ; qu’est-ce donc qui pourrait l’augmenter au-delà de ce qu’il est et comment s’augmentera sa mesure pour qu’il soit capable, au-delà de sa capacité de recevoir, de donner plus qu’il n’a reçu ?
    S’il donne, il s’augmente ; mais comment peut-il s’augmenter à donner au lieu de diminuer ? Il donne pour ne pas recevoir et parce qu’il en est capable, il s’augmente. Comment cela augmenterait-il sa valeur et qu’est-ce qui l’en rend capable ? Il ne vaut qu’aux yeux de qui, n’étant pas plus qu’il n’a reçu, reste en deçà. Ainsi le prix que celui là acquiert à l’égard de qui reçoit sans pouvoir rendre s’exprime par un droit de reprendre plus encore que ce qui a été donné” Pierre Klossowski
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 12:17
    C'est quand même fou que la solitude soit la rançon du don.
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 12:19
    A quoi nous sert-il de nous "augmenter" dans le don, s'il n'y a personne pour nous recevoir ?
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 12:24
    "Le don qui est abandon voue l’être abandonné à perdre sans esprit de retour, sans calcul et sans sauvegarde jusqu’à son être qui donne : d’où l’exigence d’infini qui est dans le silence de l’abandon. Le don ou l’abandon est tel qu’à la limite il n’y a rien à donner ni rien à abandonner.”
    Maurice Blanchоt
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 12:27
    Il y a un abandon généralisé de l'abandon. Le temps est aux petits cadeaux faciles à rendre.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 13 février 2011 à 18:26
    --- Je donne, plus que je ne puis ; je donne, sans espoir de retour, mais aussi avec l'amertume que la possibilité d'un don plus ample ne rencontre qu'indifférence (il y a là du désespoir et de la résignation) ; je ne suis pas un styliste de l'ascétisme, parce que je vis dans une solitude peu nourrissante ; je suis peu assis en moi-même & depuis longtemps nul homme ne m'a tendu de miroir où reconnaître la persistance de mes traits ; je lutte contre l'extinction de moi-même & ceci n'a d'importance que pour moi-même, quelques proches et en vertu de ce qui me fut donné à profusion pour que ma flamme intérieure ne se nourrisse pas de ma substance, peu à peu réduite à un conglomérat de cendres d'inanité ; mon appel crie dans le désert, et je n'ai même pas la grâce de l'écho, clair et distinct, de ma voix.

    Sur ce site, viennent et reviennent les énièmes dons, reconnus, pour lesquels l'on se congratule, de musiques "dans le vent", mais pour ce qui est du ventre, des rythmes primordiaux, des langues minoritaires, des chroniques de livres, le don rencontre une ou deux personnes, et régulièrement So, et au-delà nul être ; mes dons ne rencontrent aucune nécessité chez les autres, si ce n'est -à la faveur d'un aveu- la curiosité qui élargit chaque être.

    Et lorsque je dis quelle peine est la mienne, je ne rencontre qu'individus craignant la contamination, qui me font la morale commune des personnes qui sont reliées au monde et en jouissent, au minimum, et Wogelfrei prend le temps -ce qui est un don- de citer Klossowski et Blanchоt, qui donnent à penser, ce qui n'est pas négligeable dans un monde qui fuit -comme la peste- le fait de penser, et il rencontre ma douleur qui me rend inapte à recevoir -de suite- ce don, qui me fait vibrer davantage en empathie avec Maurice Blanchоt, et qui me rend inapte à une gratitude sincère, et pourtant elle est due, non par politesse, mais pour ce que ces paroles ouvrent..

    Et Wogelfrei m'a fait le don de pouvoir écrire dans la pensée que j'avais un destinataire, ce qui est une rareté.
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 18:44
    Nous faisons deux jolis grains de sable ! Deux grains de sable c'est un bien petit désert !
  • wogelfrei Membre élite
    wogelfrei
    • 13 février 2011 à 19:01
    C'est un fait que les individus dont tu parles craignent la contamination mais leur peine est sans relief. Que dire d'une peine qui n'a pas de mots pour s'exprimer. Est-elle plus grande ? plus petite ? Il y a la solitude consciente d'elle-même et il y a les solitudes qui s'ignorent, plus heureuses au premier regard, mais tellement plus регvегses. On parle souvent de la solitude du savoir, mais que dire de la solitude un peu animale de celui qui ne dispose d'aucun outil pour comprendre qu'il est seul, tragiquement seul, même au milieu de la joie des autres et , pire encore, de la sienne, seul dans son corps, seul dans ses angoisses devant la vie, l'amour, la fatigue et la mort ?
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 13 février 2011 à 19:21
    --- Il y a la solitude, à bout, arrivée à sa consomption, la solitude qui se déteste et voudrait pouvoir abdiquer de je ne sais quelle superbe qui la percherait dans l'idéal, une solitude qui voudrait glisser vers je ne sais quelle concession, qui serait sans doute de seriner la chanson que par hypothèse l'on suppose à la moyenne humaine - une pure abstraction & une convention inexistante hors de l'abstrait -, et cette solitude - doublée du sentiment de la solitude -, harassée d'elle-même, exaspérée d'elle-même voudrait bien se libérer d'elle-même par l'oubli de ce fait humain fondateur : être seul est la modalité par laquelle chacun devient soi ; j'en ai le bénéfice, amplement, ... et je n'en puis plus de ne pas avoir les gestes de l'amour, de la tendresse, de l'humanité.

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