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José-Maria de Heredia - "Les Trophées"

Sujet de discussion : José-Maria de Heredia - "Les Trophées"
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 22:08
    JASON ET MÉDÉE

    A Gustave Moreau.

    En un calme enchanté, sous l'ample frondaison
    De la forêt, berceau des antiques alarmes,
    Une aube merveilleuse avivait de ses larmes,
    Autour d'eux, une étrange et riche floraison.

    Par l'air magique où flotte un parfum de poison,
    Sa parole semait la puissance des сhагmеs;
    Le Héros la suivait et sur ses belles armes
    Secouait les éclairs de l'illustre Toison.

    Illuminant les bois d'un vol de pierreries,
    De grands oiseaux passaient sous les voûtes fleuries,
    f Et dans les lacs d'argent pleuvait l'azur des cieux.

    L'Amour leur souriait, mais la fatale Épouse
    Emportait avec elle et sa fureur jalouse
    Et les philtres d'Asie et son père et les Dieux.

    (in "Les Trophées", par José-Maria de Heredia)

    Comme d'autres - pensons au puissant Hoelderlin, en Allemagne, qui lui a tenté de vivre et de penser comme un Grec Ancien dans son siècle, au début du 19°, d'où une poésie qui a des accents à nuls autres pareils, une poésie qui a une nostalgie de la Grèce antique et qui la ressuscite, José-Maria de Heredia a tenté au dix-neuvième siècle finissant de se mettre au diapason d'une Grèce, qui ne soit pas de pacotille ; il l'a évoquée dans son recueil de sonnets "Les Trophées" (1892).

    L'ardeur, le bleu du ciel, le noir des toisons, le flamboiement des flèches et des corps, le désir brut, les odeurs âpres et âcres forment un ensemble thématique sur lequel il déploie et nous rend présent une Grèce qui est morte, mais tellement à nos origines (de pensée, de mythes, de légendes) qu'elle demeure une hantise.

    C'est grâce à cette hantise, rendue en des sonnets flamboyants (plus claironnants et moins mystérieux que les sonnets de Charles Baudelaire dans "Les Fleurs du mal", qui, elles, visent des ailleurs géographiques, non des ailleurs temporels) que José-Maria de Heredia (d'ascendance hispanique) a ciselé ses petits mondes de la Grèce retrouvée et restituée, le temps des mots et de leur persistance en nous, en chaque lecteur.

    "Les Trophées" se trouvent facilement en livre au format de poche, sinon rendez-vous sur le site de la bibliothèque virtuelle "Gallica", liée à la Bibliothèque nationale de France.
  • fifi37260 Membre pionnier
    fifi37260
    • 23 octobre 2011 à 22:17
    Heu, je préfère les romans policiers
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 22:30
    Heu, je préfère les romans policiers

    Je ne déteste pas non plus les romans policiers : j'aime bien, dans la catégorie des opérateurs, ce que l'on appelle le "OU Inclusif" !!!

  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 22:47
    - Tenez, je vais un peu, un chouïa me lâcher :

    Que de commentaires qui n'en sont pas !!!

    Que de dénigrements qui se présentent sous la forme de la naïveté !!!

    "Heu, je préfère les romans policiers", et alors ?

    Rien à dire sur cette poésie ? Toujours parler à côté ?

    Et en plus, ce genre d'intervention, qui est nulle et non avenue, du seul fait qu'elle est hors du sujet, laisserait entendre que je ne puisse pas apprécier un roman policier ?

    J'adore le polar d'atmosphère (Daeninckx, Manchette,...) ; le polar d'enquête m'ennuie (Agatha Christie et les reines du polar anglo-saxon) ; je suis bien ignorant de tous les polars publiés dans la collection "Grands détectives" chez 10-18, et je le regrette (entre autres, les enquêtes du juge Ti ...)

    Si tu n'as rien à dire sur José-Maria de Heredia, ne fais pas diversion en laissant entendre qu'il serait moins lisible qu'un roman policier : c'est la moindre des courtoisies. N'est-il pas ?
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 23:00
    Un autre sonnet de José-Maria de Heredia, extrait des "Trophées".

    ÉPIGRAMME FUNÉRAIRE

    Ici gît, Étranger, la verte sauterelle
    Que durant deux saisons nourrit la jeune Hellé,
    Et dont l'aile vibrant sous le pied dentelé
    Bruissait dans le pin, le cytise ou l'airelle.

    Elle s'est tue, hélas! la lyre naturelle,
    La muse des guérets, des sillons et du blé;
    De peur que son léger sommeil ne soit troublé,
    Ah! passe vite, ami, ne pèse point sur elle.

    C'est là. Blanche, au milieu d'une tоuffе de thym,
    Sa pierre funéraire est fraîchement posée.
    Que d'hommes n'ont pas eu ce suprême destin!

    Des larmes d'un enfant sa tombe est arrosée,
    Et l'Aurore pieuse y fait chaque matin
    Une libation de gouttes de rosée.
  • fifi37260 Membre pionnier
    fifi37260
    • 23 octobre 2011 à 23:03
    JE DIS CE QUE JE VEUX
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 23:13
    JE DIS CE QUE JE VEUX

    Comme les gamins qui n'ont rien à dire ! Enfin, passons, dis "ce que tu veux", et tu peux même rajouter, en tapant de ton petit pied, "na". Les caprices des gamins ne méritent pas plus que cela.

    Un autre poème de J.-M. de Heredia :

    L'ЕSСLАVЕ

    Tel, пu, sordide, affreux, nourri des plus vils mets,
    Еsсlаvе — vois, mоп согрs en a gardé les signes —
    Je suis né libre au fond du golfe aux belles lignes
    Où l'Hybla plein de miel mire ses bleus sommets.

    J'ai quitté l'ile heureuse, hélas!... Ah! si jamais
    Vers Syracuse et les abeilles et les vignes
    Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes.
    Cher hôte, informe-toi de celle que j'aimais.

    Reverrai-je ses yeux de sombre vіоlеtte,
    Si purs, sourire au ciel natal qui s'y reflète
    Sous l'arc victorieux que tend un sourcil noir ?

    Sois pitoyable! Pars, va, cherche Cléariste
    Et dis-lui que je vis encor pour la revoir.
    Tu la reconnaîtras, car elle est toujours triste.
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 23 octobre 2011 à 23:23
    LE COUREUR

    Tel que Delphes l'a vu quand, Thymos le suivant,
    Il volait par le stade aux clameurs de la foule,
    Tel Ladas court encor sur le socle qu'il foule
    D'un pied de bronze, svelte et plus vif que le vent.

    Le bras tendu, l’œil fixe et le torse en avant,
    Une sueur d'airain à son front perle et coule;
    On dirait que l'athlète a jailli hors du moule,
    Tandis que le sculpteur le fondait, tout vivant.

    Il palpite, il frémir d'espérance et de fièvre.
    Son flanc halète, l'air qu'il fend manque à sa lèvre
    Et l'effort fait saillir ses muscles de métal;

    L'irrésistible élan de la course l'entraîne
    Et passant par-dessus son propre piédestal.
    Vers la palme et le but il va fuir dans l'arène.

    (extrait de "Les Trophées" de José-Maria de Heredia)
  • mackinac Membre confirmé
    mackinac
    • 24 octobre 2011 à 00:33
    Loin de moi l'idée de dire la même chose que notre ami а роіl sous sa chemise moche, mais bon voilà, on a le droit de ne pas être touché par ce genre de poésie...
    Voilà, José Maria de Heredia, moi ça m'💩, je trouve ça роmреuх, archi scolaire, les strophes sont tellement propres, les mots tellement choisi... ça ne me touche pas le moins du monde, ça manque singulièrement de folie et d'âme, mais ce n'est que mon opinion. Les profs de français doivent adorer, c'est tellement sage et exemplaire...
    Mais encore une fois, ce n'est que mon opinion. Après tout, l'opéra, ça m'💩 aussi
  • medievale Membre élite
    medievale
    • 24 octobre 2011 à 19:13
    Je ne connaissais pas et j'ai apprécié cette petite porte ouverte vers un ailleurs.

    Plutôt réfractaire à la poésie, mais jamais je me permettrais d'être disgracieuse avec un passionné, je viens de passer plusieures heures plus qu'enrichissantes avec une jeune collègue de lettres et ses sixièmes, sur des calligrammes, des poèmes avec allitérations et des poèmes dadaïstes qu'ils avaient écrits eux mêmes, les enfants sont surprenant quand on les laissent manier les mots à leur guise.

    Sinon, grande lectrice des séries policières de chez 10/18, je te conseillerai vivement climax de lire soeur Fidelma, de Peter Tremayne, qui te fera découvrir l'Irlande du début du christianisme.

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