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José-Maria de Heredia - "Les Trophées" (page 2)

Sujet de discussion : José-Maria de Heredia - "Les Trophées"
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 24 octobre 2011 à 19:14
    Loin de moi l'idée de dire la même chose que notre ami а роіl sous sa chemise moche, mais bon voilà, on a le droit de ne pas être touché par ce genre de poésie...
    Voilà, José Maria de Heredia, moi ça m'еmmегԁе, je trouve ça роmреuх, archi scolaire, les strophes sont tellement propres, les mots tellement choisi... ça ne me touche pas le moins du monde, ça manque singulièrement de folie et d'âme, mais ce n'est que mon opinion. Les profs de français doivent adorer, c'est tellement sage et exemplaire...
    Mais encore une fois, ce n'est que mon opinion. Après tout, l'opéra, ça m'еmmегԁе aussi

    On ne peut pas nier un côté que l'on appellera "роmреuх", ou léсhé : ce sont les lois du genre poétique à la fin du dix-neuvième siècle français (et même Rimbaud ne pourrait pas échapper à ce reproche du bien "léсhé").

    Quant aux mots il vaut mieux les choisir, mais je comprends qu'il y a chez Heredia une apparence précieuse. Pour sa défense : il a de magnifiques images, des images fulgurantes ; mais ce n'est pas du SLAM !!!

    Ceci dit, ce serait un cliché que de croire que les professeurs de lettres et de français apprécient unanimement Heredia ! Loin de là !

    Quant à moi je lis avec curiosité "Les Trophées", et dans la gangue, je découvre quelques pépites d'or flamboyant.

    --- Je réponds volontiers quand est mise en avant la sensibilité personnelle et que l'on argumente ; et bien sûr "que l'on a le droit de ne pas être touché" par une telle poésie.


    --- Si l'on me demandait mes poètes préférés : le poète portugais Luis Vaz de Camoens ; le poète brésilien Carlos Drummond de Andrade ; François Villon ; Joachim Du Bellay ; Benjamin Péret.

    Aucun ne ressemble à l'autre.

    Et ils me touchent chacun différemment...

    --- Je note la suggestion de Médiévale : Soeur Fidelma, ok !!!
  • mackinac Membre confirmé
    mackinac
    • 24 octobre 2011 à 21:16
    Ah mon cher Sergehervé, ou Climax (mais on t'a reconnu
    Je prends рlаіsіг à venir te taquiner...

    Je ne voudrais pas que tu penses que j'aime le rap, ou le slam! Pour moi, ça c'est le degré zero de l'écriture, c'est tout juste dans l'air du temps... On me prend toujours pour une espèce de rappeur ou de racaille, ça doit être la casquette...
    Je ne vois pas pourquoi je ramène ma fraise, je suis assez peu touché par la poésie en général... Et si j'aime les textes en musique, surtout pas en rap ou en slam, enfin jusqu'à preuve du contraire, parce que Grand corps Malade ou Abd El Malik, pardon, mais ça ne vole quand même pas très haut. Je préfère encore le classicisme de José Maria .
    Ton post m'a amené à réfléchir (oui ça m'arrive sous ma casquette): les seuls poètes que j'ai vraiment apprécié, ce sont Emerson et Thoreau, deux classiques eux aussi, mais plus pour les questions ргоfопԁеs qu'ils se posaient sur le sens de leur existence que pour les textes eux-mêmes...
    Cela dit, je crois que je vais retourner faire un tour au rayon poésie très bientôt, j'ai quelques lacunes à ce niveau, j'éviterai juste les classiques de chez classique, parce que là je suis sûr de m'💩...
  • sergeclimax69007 Membre suprême
    sergeclimax69007
    • 25 octobre 2011 à 16:33
    --- J'ai toujours bien du рlаіsіг à converser (oui, c'est une discussion très entrecoupée de silences, mais bon, c'est la loi de l'internet !) avec des hommes comme Mackinac qui prennent le temps de penser, et qui ne tiennent pas la pensée pour inutile !!!

    --- Bon, encore un de José-Maria de Heredia (que je ne mettrai pas au rang des plus grands poètes).

    Pour le goûter, il faut se représenter un Dieu phallique taillé en bois d'olivier (le dieu Priape), que les Romains anciens utilisaient comme épouvantail ; c'est son monologue.

    Pour l'apprécier, il faut accepter les lois du genre : l'idylle (telle que Virgile l'a bien illustrée pour les Latins, et l’Anthologie Palatine pour les Grecs anciens).


    Ô! quel froid! le givre brille aux derniers pampres verts;
    Je guette le soleil, car je sais l'heure exacte
    Où l'aurore rougit les neiges du Soracte.
    Le sort d'un Dieu champêtre est dur. L'homme est регvегs.

    Dans ce clos ruiné, seul, depuis vingt hivers
    Je me morfonds. Ma barbe est hirsute et compacte,
    Mon vermillon s'écaille et mon bois se rétracte
    Et se gerce, et j'ai peur d'être piqué des vers.

    Que ne suis-je un Pénate ou même simple Lare
    Domestique, repeint, repu, toujours hilare,
    Gorgé de miel, de fruits ou ceint des fleurs d'avril!

    Près des aïeux de cire, au fond du vestibule.
    Je vieillirais et les enfants, au jour viril,
    A mon col vénéré viendraient pendre leur bulle.

    [Lorsque les Romains adolescents prenaient la toge virile, ils déposaient leurs premiers poils follets coupés dans un récipient fermé en forme de bulle dans l'autel familial, où étaient les dieux Lares et Pénates du culte domestique propre à chaque foyer].

    --- Non, décidément, je ne place pas José-Maria de Heredia au rang des plus considérables ; mais il n'est pas médiocre.

    Disons que sa manière d'écrire, trop rectiligne, sans grain d'ivresse, impeccable dans l'enchaînement des vers, émaillée de quelques images qui rendent vivace ce qu'il exprime, est trop éloignée des conventions contemporaines,

    trop éloignée du vers libre contemporain qui se soutient surtout par la cadence, au milieu des bribes de vers classiques qui apparaissent ici et là ;

    trop éloignée des images surgies des ргоfопԁеuгs de l'inconscient - depuis que le surréalisme a pointé en nous des processus créateurs, dont il a usé dans l'écriture automatique, à laquelle il a plus ou moins lâché la bride ;

    et que sa manière d'écrire nous est devenue étrangère et qu'elle est désuète du fait qu'il n'y a plus de grand mythe fédérateur comme celui de la Grèce antique ou de la Rome antique qui puisse servir de pôle aimanté à des écritures tellement disparates et diverses d'un écrivain à un autre.

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