Sans doute mais tu n'es pas unique, il y a des gens dans nos situations. Cela fait donc que, statistiquement, il n'y a aucune raison pour que tu sois seul à jamais. Je ne crois pas que seul l'âge joue et tu le sais. Je serai un homme, homo, je pense que j'aurai peur de me lancer vers toi, parce que tu dégages quelque chose de très fort, et que foncièrement, si on a pas la compréhension de ton "monde", on est hors touche rapidement, avant même d'essayer. Je ne sais pas si tu comprends ce que je te dis mais je pense que ta personnalité fait de toi un être qui en impose. Il faut avoir les épaules, sache le et c'est bien.
So, certains se réfugient vers des dialogues en duo ; j'estime qu'il est bon de continuer cette discussion, ici, parce que les mots dits publiquement empruntent moins de faux-fuyants, ont plus de tranchant, visent plus justement.
Je suis content de pouvoir faire état, publiquement, d'un état de malaise, ргоfопԁ, en étant moi-même. Il est bon de le dire ouvertement. Il est utile, à moi d'abord, peut-être à d'autres qui y trouveront quelques ressemblances avec leur propre histoire, de ne pas se parer des vertus de la discrétion, de ne pas se vêtir d'un sourire insolent qui se déploie sur un fond de larmes. De ne pas faire comme si...
Tu touches juste, en plusieurs points. Il est exact que je porte "un monde", mais à la différence de bien d'autres, ce "monde" ne m'a pas été donné vivace et plein de la souplesse des vertes années qui perdurent -toujours- au fond de nous ; ce monde, je l'ai conquis sur la sécheresse, je l'ai sauvé de la négation ; aussi comporte-t-il une part de formes énigmatiques aux autres, aussi dois-je le traduire plus que d'autres ne traduisent ce qu'ils portent en eux. Cette énergie déployée contre l'effondrement, la stupéfaction, l'anéantissement, l'hébétude, les mots gelés (belle métaphore venue de Rabelais) confine à la rage et à la tristesse rageuse, et confère -si je t'en crois- une apparence irradiante, qui traverse toutes choses alentour, à ce que je suis : une "idiosyncrasie", c'est-à-dire une manière particulière d'être qui inquiète.
Néanmoins, je persiste, parce que ce "monde"-là n'est plus une citadelle aux ponts-levis rabattus contre les remparts ; je persiste à dire -par exemple- que le sentiment de ne pas рéпétгег les complexités ou les brouillards peut -aussi- m'être inspiré par les autres & que, de ce point de vue, d'opacité relative à opacité relative, l'on se comprend comme l'on peut.
Crois bien que je ressens comme un malheur ce manque d'esprit de conciliation, nécessaire non pas à devenir un être adaptable aux autres mais nécessaire à ce qu'ils ne soient pas arrêtés par ce qui leur en impose en moi. Je ne dissoudrai pas ce "monde" qui est le mien, au gré des attirances et des compromissions qui pourraient les faire durer et s'installer, ronronnantes, mais chaque venue sur "tongay.com" est pour moi un exercice d'assouplissement de mes épaules.
Et, oui, je mets "hors touche" et reste hors d'atteinte.
J'en souffre.
Certains croient que je vaticine ; pour moi, les mots portent un sens conquis de haute lutte, je ne puis m'en abstenir, je ne peux donner dans le "direct" : et le langage n'est qu'un aspect de l'incompréhension qui me nuit, lorsque l'on charge ces mots d'un grand coefficient de bavardage.