Il est délicieux de faire boucaner le lapin, le "coelho" (nom propre de personne au Portugal, (Monsieur Coelho = Monsieur Lapin), écoutons les vieilles recettes de nos grand-mères Tupinambas !
Or toutes les pièces du corps, et même les tripes après être bien nettoyées sont incontinent mises sur les Boucans, auprès desquels, pendant que le tout cuit ainsi à leur mode, les vieilles femmes (lesquelles, comme j’ai dit, appètent (ont епvіе) merveilleusement de manger de la chair humaine) étant toutes assemblées pour recueillir la graisse qui dégoutte le long des bâtons de ces grandes et hautes grilles de bois, exhortent les hommes de faire en sorte qu’elles aient toujours de telle viande : et en léchant leurs ԁоіgts disent, "Yguatou", c’est à dire, "Il est bon".
Voilà donc ainsi que j’ai vu, comme les sauvages Américains font cuire la chair de leurs prisonniers pris en guerre : assavoir Boucaner, qui est une façon de rôtir à nous inconnue.
texte : Jean de Léry, "Histoire d'un Voyage Fait en la Terre du Brésil, autrement dite Amérique"
Le boucanage, je vous dis, il n'y a pas plus goûteux !
Comme tout livre d'aventures bien conçu, ce livre a ses recettes culinaires, dont celle citée du chapitre Quinze !