Les autistes apprennent mieux avec des robots, selon un article du journal portugais "D.N." en ligne, le lundi 12 Novembre, article que je vous traduis.Article de Sofia Fonseca, du 08 novembre 2012Dans une école, à Birmingham, Max et Ben, des robots, exercent une plus grande influence que les humains dans l'apprentissage des enfants autistes.
"Les robots n'ont pas d'émotion, et c'est pourquoi les enfants autistes les trouvent moins menaçants que leurs professeurs et d'une approche plus facile."
Les enfants autistes ont de grandes difficultés de communication, que ce soit avec les adultes ou bien avec d'autres enfants, mais avec les robots ce problème ne se pose pas." Les enfants qui viennent à l'école sans réussir à établir un contact visuel avec les humains commencent d'abord à communiquer grâce aux robots" (propos de leur professeur).
Les robots arrivent à la hauteur des genoux, coûte dix-huit mille euros, et ont été donné par l'entreprise française Aldebaran Robotics. On les a utilisés pour enseigner des jeux de cartes ou des jeux exerçant la mémoire, à des enfants entre cinq et dix ans.
L'Université de Birmingham, qui collabore dans le cadre de cette recherche, considère que la clef de tout est de programmer des robots de telle sorte que les autistes acquièrent des connaissances de base."
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--- Cet article pose de graves questions, des questions redoutables.Certes, la peur des enfants autistes est diminuée par le contact avec des robots sans affects ; ainsi les autistes ne se sentent pas envahis, menacés, disloqués, submergés, détruits par un monde qu'ils perçoivent comme une menace ; et, sans doute, un robot vaut-il mieux que rien, dans une première phase.
Cependant, et bien que les autistes soient aussi humains que tous les êtres humains, leur devenir humain est d'être confronté à l'altérité, qu'il faut leur adoucir, leur ménager pour la leur rendre accessible et vivable ; c'est pourquoi la vision purement pratique de ce programme, visant à l'acquisition de connaissances, avec des robots dénués d'affects, me semble bizarre..
Nous sommes face à des êtres qui sont apeurés et terrifiés par le contact humain (visuel, corporel, sensible, olfactif, ...) ; se réduire au seul apprentissage "pratique" est manquer - précisément - ce qui leur fait défaut : l’inter-subjectivité, le partage des émotions et des sentiments entre humains, sans lesquels - tout professeur l'expérimente chaque jour - il n'y a pas d'apprentissage effectif des connaissances, ni fixation de celles-ci.
Je ne prendrai qu'un, navrant, exemple, celui de l'inflation galopante des Environnements Numériques de Travail, à l'Université. C'est une déshumanisation grave et préoccupante, niant que chacun se forme et se fonde par des relations entre humains vivants, réels, charnels, pensant ensemble, respirant ensemble dans un même espace, et donnant corps par leur effort commun à des savoirs peu à peu acquis.
Alors, l'avenir des autistes est-il dans cet apprentissage, qui fait l'impasse sur leur appartenance compliquée et conflictuelle à la communauté humaine ?
--- L'on me répondra qu'il s'agit d'une première phase. Qu'il ne faut pas être soupçonneux comme ça. Cependant, je crains que l'on ne passe de l’acquisition basique au dressage, par lequel des autistes mimeraient l'humanité ordinaire.
Car nous sommes en des temps de dressage !!!



