Hélas, que vous dire, sinon que, eh oui,
toucher le papier (il y en a de très diverses sortes),
le sentir (et le papier de l'ancienne Union soviétique n'a pas la même senteur que le papier de chiffon français fait à la cuve qu'emploient encore certains éditeurs, ou que le papier d'un ouvrage du 19e siècle fait de papier vélin avant que ne se répande l'usage de la pâte à bois pour fabriquer le papier ou que le papier allemand du début du vingtième siècle),
sentir entre ses mains un volume matériel,
balayer des yeux les caractères d'une belle typographie (allez, un nom, les éditions Plein Chant, à Bassac... je cite, ce n'est pas une multinationale du livre, et justement, quelles merveilles !!!),
tout cela ne se remplacera pas ; et, moi-même, je n'abandonnerai pas ce plaisir charnel, et voluptueux.
NOUS SOMMES BIEN D'ACCORD !!!
Je suis contre la dématérialisation des ressources documentaires ; je suis contre des bibliothèques qui ne seraient plus que virtuelles ; et j'y suis opposé aussi pour des raisons politiques, car le "virtuel", s'il permet de diffuser, permet aussi de contrôler, voire d'annihiler des pensées qui seraient contre, des hétérodoxies.
Lorsque j'interroge "Gallica "avec le mot "Mazarinades", je me penche sur une période historique, la Fronde durant la minorité de Louis XIV et la Régence de sa mère assistée de Mazarin, période durant laquelle les libelles contre le Cardinal Mazarin (qui opprimait le peuple par une continuelle levée d'impôts pour alimenter les guerres à l'étranger) ont proliféré PHYSIQUEMENT, si bien que l’absolutisme royal a vacillé en France et presque connu sa fin, C'EST BIEN LE PAPIER qui a permis ces luttes et contre -attaques, affaires d'armées MAIS AUSSI de propagandes tournées "en vers burlesques".
Donc : vive le papier imprimé ; vive le livre imprimé.
Mais, ne boudez pas un рlаіsіг que vous n'auriez pas autrement : ces mazarinades, vous ne les verrez jamais que numérisées ; elles datent de 1649-1650.
Ou un chansonnier provençal (un des cinq à nous avoir transmis les Тгоubadours), chansonnier du XIIIe siècle.
Mais, ah, la senteur du papier... ça vous monte à la tête comme l'odeur de la peau de votre ami.
