"Les récits tirés des grands classiques, si tu y est accoutumé, tu dois savoir qu'il sont parcourus de symbolisme et personnification dans un but, le plus souvent, moralisateur. Rien à voir avec les récits éгоtіԛuеs mettant en scène des membres de la même famille. Dans les récits que je citais, il s'agit comme tu l'as toi même dit, de récits éгоtіԛuеs. Les commentaires étaient parlants : les gens étaient clairement là pour fапtаsmег. La comparaison n'est pas réellement pertinente.
Tu es contre la censure, dans un but très certainement de "liberté". Or, le libéralisme est parfois destructeur, quand on voit dans une moindre mesure, ce que nous pondent certains individus. En effet, ce qui me choque, c'est la banalisation de ce genre d'histoires." (Citation d'Arabina)
---- Une erreur à relever d'abord : non, les grands récits de l'Antiquité Grecque n'avait pas de but moralisateur, et certainement pas "le plus souvent" ; ils avaient pour but premier de représenter au quidam grec les faits - très torturés, pleins de traits humains, pleins d'іпсеstе, de zоорhіlіе (Zeus en taureau, en cygne, ...), de disputes, de batailles, de fureurs, de beuveries - de leurs dieux et de leurs héros.
S'il y a un peuple qui ne croyait pas au rôle normatif de ses récits fondateurs, mythiques et légendaires, c'est bien le peuple de l'ancienne Grèce, au point que Platon n'admettait pas dans sa cité idéale (telle qu'elle apparaît dans "Les Lois") les poètes, pour cause d'imagination attribuant au divin des actions ne le flattant guère.
Ni "L'Iliade", ni "L'Odyssée", ni "La Théogonie" d'Hésiode, ni les tragédies grecques n'avaient pour but de faire la police de la pensée : les poèmes homériques ont éduqué la Grèce, sans la normaliser ; les tragédies montraient combien les hommes en Ьutte à des actes leur échappant, à une destinée les poursuivant, à des fautes les accablant, s'en tiraient, soit face aux dieux, soit face à des juges plus humains (et Œdipe fut relaxé à la fin, comme victime d'un obscur destin implacable, et même inhumé en un lieu où il servirait d’intercesseur pour les humains).
--- Le fапtаsmе fait partie intégrante de l'être humain : cela fait partie de sa constitution psychique ; le fапtаsmе est - souvent - cru, cruel, entier, violent, sans limite ; c'est une construction psychique qui peut trouver un débouché dans des récits ; et ces récits - pour cru et cruels qu'ils soient - ne sont pas équivalents à des actes réels !!!
Oui, les enfants fапtаsmеnt, comme le rappelle avec pertinence et en sachant distinguer l'imaginaire du réel commun Gerarbouchar, qui écrit un texte d'une grande justesse !!! Et pas qu'un peu !!! Et pas seulement eux : nous tous !!!
---- Croire tout produit de l'immense réservoir de l'imaginaire susceptible de mesures de police (j'en reviens au premier texte où Arabina dit qu'elle internerait les auteurs des récits qu'elle juge abjects) est le fruit d'une confusion entre imaginaire et réel commun ; et lorsque l'on ne veut pas faire cette distinction capitale, comme c'est le cas d'Arabina, l'on devient partisan de la police pour tout, partout, pour les pensées, les écrits, les faits, les gestes, et le reste.
Et quand bien même ces textes seraient médiocres, répétitifs, du fait qu'il sont couchés sur le papier, ils viennent réaliser fantasmatiquement - dans et par l'écriture - des actes, qui écrits ne sont susceptibles d'aucune condamnation légale, alors que l'іпсеstе, la torture, etc.. dans le monde du réel commun (différent du monde du réel fantasmatique et imaginaire) tombent sous le coup de la loi pénale, à juste titre.
Eh bien, la police n'a pas à s'introduire dans l'imaginaire ; la police n'est pas un Dieu omniscient et omnipotent ; laissons Dieu, omniscient et omnipotent bien au-delà de nous, s'il nous plaît d'y croire. Laissons Dieu et ses suprêmes vertus dans leur outre-monde et restons entre humains, s'il vous plaît !!!