Ce n'est pas un coup de gueule que ton sujet
La peine de mort est une forme archaïque de "justice" ; c'est une forme vengeresse.
Et d'approuver, ou de souhaiter le retour de cette vengeance privée qui se déguise sous la forme d'une peine prononcée au nom de la société, est le signe de la brutalité de nos rapports humains, dans les conditions du capitalisme dévastateur que nous connaissons (une "crise" sans fin, où l'on pressure les peuples pour leur faire payer une dette, qui n'est pas la leur, mais celle des banquiers spéculateurs).
Que je sache, les Suédois, qui ont subi le massacre des jeunesses social-démocrates sur une île par un tueur d'extrême-droite, Breivik, obnubilé par le prétendu déclin de l'homme blanc et les prétendues féminisation et islamisation de la société, ne se sont pas ralliés à cette élimination du tueur qui a été jugé, et condamné à la peine maximale.
Ils ont tenu, ensemble, à ce que le primitif ne l'emporte pas sur la raison et sur leur dignité sociale communes ; ils ont tenu bon face à la tentation, primaire et instinctive, de répondre au sang par le sang. Et pourtant la Suède a vécu un traumatisme majeur, avec ces tueries, qui auraient pu appeler un déferlement de haines criant à la vengeance la plus implacable.
La peine de mort est une arme politique utilisée par des régimes discrédités comme celui de la République populaire de Chine, où la bureaucratie alliée aux capitalistes met en coupe réglée le prolétariat des villes et des campagnes, le livrant à la plus sauvage exploitation salariale ; la peine de mort, spectaculairement mise en scène dans des stades, sert à intimider, non pas les voleurs (et quel vol mérite la peine de mort ?) ou les spéculateurs, mais le peuple, pour le tenir en laisse, dans la peur, dans la crainte insidieuse.
Non à la peine de mort !
Non à cette arme politique !
Non à la sauvagerie sociale !
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Je mets en lien le discours tenu par Robert Badinter, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République française, discours tenu en 1981, où "il a l'honneur de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France", discours où il montre que la peine de mort, en aucun pays, n'a eu d'incidence sur la criminalité, et où il dit les raisons éthiques qui recommandent l'abolition de la peine de mort : c'est un des plus forts discours politiques que je connaisse (avec celui de la Présidente du Brésil déclarant comment et pourquoi elle avait menti sous la torture, durant la dictature militaire au Brésil, qui ensanglanta le pays de 1964 à 1985).
http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/I00004544/discours-de-robert-badinter-sur-l-abolition-de-la-peine-de-mort-1-2.fr.html