1er point : les dévaluations monnétaires ont un rôle à jouer dans la circulation des flux de capitaux de marchandises et de services. Dévaluer n'est pas mal en soi. Il faut bien comprendre qu'une monnaie est sensée être le reflet de la compétitivité d'un pays. Tous les pays n'ont pas la puissance de feu de l'Allemagne qui elle vепԁ des produits à très haute valeur ajoutée. Un pays qui vепԁ des biens à faible valeur ajoutée ou à moyenne valeur ajoutée ne peut pas avoir la même monnaie que l'Allemagne parce qu'à l'exportation, ces produits seront bien trop chers et conccurrencés par les productions asiatiques. Et c'est précisément ce qu'il s'est passé pour les pays d'Europe du sud.
Il existe en économie un phénomène d'élasticité de la demande aux prix concernant certains biens de luxe. Prenons par exemple deux véhicules : un de marque française, une voiture familiale qui va se retrouvée en concurrence avec une voiture coréenne de catégorie équivalente. Le comportement de l'acheteur va être de se caler sur un rapport de qualité/prix qui sera déterminant pour sa décision. Donc si l'euro est trop cher, l'acheteur décidera d'aller vers la coréenne parce que ce qu'il cherche c'est une voiture fiable au meilleur prix.
Maintenant prenons le cas d'une grosse voiture allemande, on sait que peu importe le prix, l'acheteur fera l'acquisition de ce véhicule de luxe, quel que soit le prix, et pourquoi donc ? Simplement parce que l'acheteur n'acquiert pas une voiture. Il achète un statut social et plus c'est cher et mieux c'est. Donc plus le taux de change de l'euro vis-à-vis du cours pivot du dollar est en défaveur de ce dernier et plus l'Allemagne s'en met plein les poches. Et c'est ce phénomène d'élasticité de la demande au prix qui a ruiné les pays d'Europe du sud pour le plus grand bénéfice de l'économie allemande car l'euro c'est un mark déguisé.
2nd point : Les banques centrales sont censées réguler le taux de change externe de leur monnaie pour compenser les déficits ou excédents dans les échanges entre les pays. Donc un pays qui exporte beaucoup plus qu'il n'importe doit avoir une monnaie très forte et à l'inverse, un pays qui importe plus qu'il n'exporte doit revoir ses cours à la baisse pour relancer ses exportations et éviter d'avoir une balance commerciale déficitaire. L'outil monnétaire sert à cela.
Dans le cas de la zone euro, nous pouvons avoir en même temps, une récession en Italie et une forte inflation en Irlande. Si ces deux pays avaient la maîtrise de leur monnaie, ils pourraient dans le cas italien, baisser les taux d'intérêt pour relancer l'activité économique et pour celui de l'Irlande monter les taux d'intérêt pour juguler l'inflation. Mais comme les deux font partie de l'euro et que les deux en question ont des besoins complèment contradictoires, il se passe que la BCE fixe son taux en prenant une cote mal taillée entre les besoins des uns et des autres. Résultat : nous avons une aggravation de l'inflation en Irlande et une aggravation de la récession en Italie car l'outil monnétaire n'est pas le bon.
On ne peut pas demander à tous les Européens de devenir des Allemands et je crois qu'on peut résumer tout le problème à cette simple observation.
On ne peut pas sortir de l'euro car ça n'a pas été prévu, cela est vrai. Sauf si l'on sort de l'UE tout court. Et là, il y a l'article 50 du TUE qui le permet. C'est pourquoi je défends le Frехіt. Ensuite en droit international, il existe ce que l'on appelle la Lex Monetae qui grosso modo prévoit qu'un état hérite des créances et des dettes que les précédents dirigeants du pays ont établies en monnaie nationale. Donc si tu passes au franc, les dettes libellées par l'état en euros seront changées en francs et seront remboursées dans cette monnaie et ce quel que soit le cour de notre monnaie nationale ET LA c'est un missile qui ira droit dans le luc des spéculateurs ! La seule exception à cette règle concerne les créances établies en devises étrangères et celles-ci concernent davantage les personnes qui se trouvent en zone frontalière où là effectivement il y aura un effort à fournir.
D'ailleurs à ce sujet, il faut savoir que les états de l'UE empruntent à des taux différents sur les marchés financiers. Pourquoi ? Parce que l'euro est une monnaie commune et non une monnaie unique. En allemand, l'euro est qualifié de monnaie commune, tandis que la monnaie unique était l'expression consacrée au mark. C'est tellement une monnaie commune et non une monnaie unique que nous pays composant l'UE empruntons chacuns d'entre nous à des taux différents parce que les marchés anticipent l'explosion de l'euro et donc ils se couvrent contre ce risque. En empruntant sur les marchés financiers les états rémunèrent 3 risques : le risque de liquidité, le risque de solvabilité et le risque de change. Donc les marchés savent que si l'euro explose, leur créances sur les états seront remboursées en monnaie nationale, ils le savent tellement qu'ils nous font payer cela.
Pour le reste, il suffira d'aligner les rémunérations sur le taux d'inflation comme cela a déjà eu lieu dans le passé pour les fonctionnaires, jusquà ce qu'un certain socialiste M. Delors revienne sur cela.
Comme je l'ai dit on ne peut vouloir une Europe de la coopération et une Europe fédérale en même temps :plus vous lui donnez de compétences étatiques à l'UE et plus le monstre de Frankenstein du super état prendra vie.
Pour moi ce qu'il faut faire c'est stopper l'expérience. On débranche la créature et on récupère nos billes. La France chaque année perd 14 millards d'euros par an en coûts directs simpelement. Les coûts indirects peuvent être multipliés par 4 selon certaines estimations et ce sont les entreprises qui paient.
On pourra gérer la situation française si la démocratie est de retour chez nous. Et il faudra laisser les autres pays faire de même chez eux.
On ne peut rien changer en Europe sans l'unanimité de tous les membres, c'est-à-dire l'alignement des planètes. Donc l'Europe sociale, les Néerlandais n'en veulent pas. Lutter contre les délocalisations, les Polonais n'en veulent pas. Lutter contre les paradis fiscaux, les Irlandais seront contre. Pourquoi donc ? Car chaque pays bénéficie des faiblesses de l'autre. Nos intérêts sont divergeants. Et ça c'est une réalité. Donc le système fait que soit il est autobloquant, soit il obéit à un fédérateur extérieur : les USA.
Au bout d'un moment, on peut faire le bilan de ce projet européen qui existe depuis 1957 et de la monnaie unique qui existe depuis 1992. Faisons le bilan et tirons-en les conclusions :
On nous a dit l'Europe et l'euro c'est la prospérité : on a une dette colossale et du chômage sans commune mesure.
On nous a dit l'Europe c'est pour faire le poids : on est alignés sur les intérêts américains, qui sont LE fédérateur extérieur.
On nous a dit faire l'Europe c'est faire la paix : on a maintenant la guerre en Europe à cause de notre alignement sur les Etats-Unis, alors que la France aurait pu être la 3ème voix, comme ce qu'elle fut sous De Gaulle en initiant la période de Détente.
Personnellement, je pense qu'on a le recul nécessaire pour dire que ce projet est un échec et que c'est un corps malade qu'on ne peut sauver. Autant l'euthanasier avant que la pourriture ne métastase en autre chose.
Cessez de croire les prophètes de l'Apocalypse qui veulent vous effrayer de votre propre liberté car ces gens-là étaient ceux qui nous avaient promis le paradis terrestre en entrant dans ce projet absurde !