Comprendre le sommeil
Le sommeil correspond à une baisse de l’état de conscience qui sépare deux périodes d’éveil. Il est caractérisé par une perte de la vigilance, une diminution du tonus musculaire et une conservation partielle de la perception sensorielle.
Plusieurs phases de sommeil
Schématiquement, le sommeil correspond à une succession de 3 à 6 cycles de 60 à 120 minutes, chacun composé de plusieurs phases de sommeil lent puis de sommeil paradoxal. Chaque stade du sommeil est caractérisé par une activité cérébrale particulière, associée à des ondes électгіԛuеs que l’on peut mettre en évidence par électroencéphalographie (EEG).
Le sommeil lent est caractérisé par des ondes lentes. Il comporte lui-même plusieurs stades : après une phase de transition (N1) de quelques minutes qui sépare la veille et le sommeil, la phase de sommeil léger (N2) s’installe. Les muscles se détendent, la température corporelle, la pression artérielle et l’activité cardiaque diminuent. Elle est suivie par une phase de sommeil progressivement plus ргоfопԁ (N3) qui dure plusieurs dizaines de minutes. L’individu est de plus en plus insensible aux stimulations extérieures. Pendant cette période, l’EEG montre la présence d’ondes de grande amplitude et de faible fréquence. L’imagerie fonctionnelle du cerveau révèle quant à elle une consommation en oxygène réduite et donc un métabolisme cérébral ralenti. Le tonus musculaire est diminué mais encore partiellement présent, pouvant expliquer les épisodes de somnambulisme (voir plus loin).
Le sommeil paradoxal correspond à une période durant laquelle l’activité cérébrale est proche de celle de la phase d’éveil. Il est aussi appelé période REM (Rapid Eye Mouvement) en raison de fréquents mouvements oculaires rapides (sous les paupières fermées). À l’inverse, le tonus musculaire est totalement aboli durant cette phase, en dehors de quelques mouvements des extrémités des membres. Parallèlement, la pression artérielle et le rythme respiratoire connaissent de fréquentes fluctuations. Le sommeil paradoxal est propice aux rêves notamment ceux dont on peut garder le souvenir une fois éveillé. Des rêves peuvent aussi survenir au cours du sommeil lent léger, mais ils sont moins intenses et correspondent davantage à des idées abstraites qu’à des réalisations ou des actions conduites au cours du rêve.
Lors de la phase d’éveil, les ondes sont de courte amplitude et rapides.
Le rythme de sommeil fluctue
Au cours d’une même nuit, si les cycles de sommeil successifs sont tous structurés de façon identique, la proportion de sommeil lent et de sommeil paradoxal varie : les premiers cycles sont essentiellement constitués de sommeil lent ргоfопԁ, tandis que la fin de nuit fait la part belle aux sommeils lent léger et paradoxal. Et si la nuit précédente a été mauvaise, le sommeil lent sera d’autant plus ргоfопԁ la nuit suivante.
La composition du sommeil varie également au cours de la vie. Le sommeil lent est plus ргоfопԁ durant la croissance, jusque vers l’âge de 20 ans. À mesure que l’on vieillit, il devient minoritaire et laisse la place à un sommeil lent plus léger, expliquant l’augmentation des troubles du sommeil avec l’avancée en âge. Le sommeil paradoxal est également plus long dans les premières années de vie : sa durée se réduit à l’âge adulte.
Enfin, la quantité de sommeil nécessaire et sa qualité varient grandement d’une personne à l’autre. L’environnement, l’hygiène et le rythme de vie jouent un rôle sur la capacité à dormir et bien récupérer lors d’une nuit de sommeil. Mais des facteurs génétiques interviendraient dans les différences entre les lève-tôt et les couche-tard, ou les gros et les petits dormeurs. Les petits dormeurs présenteraient notamment des phases de sommeil léger très courtes. Quelle que soit la durée de sommeil nécessaire à chacun, celle du sommeil ргоfопԁ serait relativement constante, tandis que les durées de sommeil léger et de sommeil paradoxal varieraient.
La sieste
D’après l’enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV 2020), environ 40 % des Français font au moins une sieste chaque semaine. Lorsque le besoin de sommeil nocturne n’est pas couvert, cette pratique qui fait appel à un sommeil lent léger, apporte des bénéfices avec un gain de vigilance et de performance. La sieste type dure entre 15 et 20 minutes. Elle se pratique plutôt en début d’après-midi dans un endroit calme.
Les spécialistes du sommeil recommandent de valoriser la sieste en entreprise et à l’école, à condition de choisir une durée et un moment propice dans la journée pour ne pas pénaliser l’endormissement le soir. Elle est également recommandée lors d’un trajet en voiture, dès les premiers signes de baisse de vigilance du conducteur.